BALLAD into BLUES,ROCK and FOLK of the Seventies

27 mars 2017

GREG RZAB: John Mayall va t'il faire de lui le nouveau Jaco Pastorius ?

Une telle performance mérite incontestablement que l’amateur de musique blues prenne le temps de s’y attarder et de regarder de plus près le cursus de ce bassiste d’exception qu’est Greg Rzab. Sa prestation Bordelaise du mercredi 15 mars en compagnie de John Mayall n’a laissé personne indifférent et, à titre personnel, n’a pas été sans me rappeler celle d’un jeune homme que j’ai eu le plaisir de voir s’épanouir avec Weather Report Jaco Pastorius. Assez curieusement, les divers moteurs de recherches de la toile n’amènent que très peu d’informations sur ce musicien exceptionnel et surtout sur son vécu avant son retour avec John Mayall en 2009. C’est donc le site de notre légendaire bluesman qui nous fournit le plus de renseignements sur sa vie grâce à un court mais précieux carré traduit ici presque dans son intégralité avec cependant quelques légères libertés.

« Né au sud de Chicago, Greg Rzab commença à jouer de la basse à l’âge de quinze ans en s’exerçant à jouer sur les disques de Jimi Hendrix, Little Walker et Curtis Mayfield et en s’inspirant de John Paul Jones et de Jaco Pastorius. Encore gamin et après avoir vu Muddy Waters sur scène, il trainait dans tous les clubs de Chicago blues en espérant pouvoir bénéficier de l’opportunité de jouer de temps à autres avec ses idoles.  C’est Otis Rush qui lui donna en tout premier sa chance et qu’il accompagnera pendant sept ans. Entre temps, commençant à bénéficier d’une solide réputation, il collabora avec le gratin du blues : Luther Allison, Albert Collins, John Lee Hooker et Willy Dixon. Sa rencontre avec Buddy Guy marqua un tournant dans sa carrière. Les deux hommes ont en effet tourné régulièrement ensemble pendant presque douze années. Sa première collaboration avec John Mayall fut la tournée Européenne de 1999/2000. A l’issue de celle-ci, ce fût une autre de ses idoles Jimmy Page qui le sollicita pour repartir sur les routes. Après cette longue tournée, il intégra le groupe de Warren Haynes Gov’t Mule et enregistra avec rien que moins que Carlos Santana, Eric Clapton, Jeff Beck, Allman Brothers Band et Stevie Ray Vaughan. Depuis 2009, il collabore à nouveau avec John Mayall aussi bien pour les tournées que pour les albums avec la réussite que l’on connait ».

Une des principales qualités de John Mayall est de ne pas uniquement tirer la couverture à lui et de faire briller tous les musiciens qui l’accompagnent. Ce ne sont pas Eric Clapton, Peter Green, et Mick Taylor qui doivent tant au maître qui affirmeront le contraire. Souhaitons que Greg Rzab tire très rapidement profit de cette mise en valeur par une brillante continuation de carrière. Il nous restera encore une fois à remercier chaleureusement John Mayall pour avoir promu un tel nouveau talent ;

                                                                                                                              Frédéric.

greg RZAB

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25 mars 2017

Le bonus du week-end: Eric Clapton en concert à New York City le 19 mars 2017 !

Eric Clapton-Key To The Highway/Badge (MSG NYC 3/19/17)

Il s'agissait de l'événement musical de ce début d'année 2017. Les concerts d'Eric Clapton sont devenus tellement rares depuis quelques années. Vous trouverez dans la vidéo jointe un long extrait de son premier concert donné dimanche dernier au Madison Square Garden. Il convient de savourer cette vidéo car nous venons d'apprendre ce samedi matin qu'il vient juste d'annuler les deux concerts prévus ce week-end à Los Angeles sur les conseils de son médécin du fait d'une sévère bronchite. Il est à souhaiter qu'il soit rétabli dans deux mois pour ses concerts de Londres.

Excellent week-end musical à tous.

                                                                                                                                                  Frédéric.

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23 mars 2017

JAMES COTTON: Un des derniers géants du blues nous a quitté !

Incroyable mais vrai, si les sites et télévision américaines lui rendent un vibrant hommage, en France, excepté « Rolling Stone.fr » (merci Thiery) sa disparition passe complétement inaperçue et ne fait pas l’objet de la moindre ligne. Par contre, pour nous parler de Céline Dion, tous les journaux se battent en duel. C’est dire l’état de la culture musicale en France. Car oui, James Cotton était un véritable géant du blues et sa disparition, le 16 mars dernier, laisse cette musique que nous aimons tant complétement orpheline.

Né en plein cœur de l’état du Mississipi le 1er juillet 1935, sa carrière débuta très tôt à l’écoute de Sonny Boy Williamson II et de Howlin Wolf avant sa rencontre en 1955 avec une autre légende Muddy Waters avec lequel il enregistra le célèbre et immortel « Got my mojo working » que vous connaissez tous. Après avoir tourné avec Janis Joplin, il fonda sa propre formation « James Cotton Blues Band » dans laquelle à l’image de Bobby Bland dont il apprit bien plus tard qu’il était le demi -frère, il introduit une section saxophone. Entre temps les sollicitations des plus grands commencèrent à affluer puisque ce ne fut que pas moins que le Grateful Dead, Keith Richards, Paul Butterfield, Mike Bloomfield, BB King, Freddy King, Alexis Korner, Steve Miller, Carlos Santana et bien sûr Johnny Winter qui s’assuraient ses services soit dans le cadre d’enregistrements studio ou bien de tournées.

Après une période légèrement moins active, il se signala auprès du grand public en participant à l’enregistrement de l’album « Hard again », produit par Johnny Winter, qui relança en 1977 la carrière de Muddy Waters et un an plus tard ce trio magique nous livrait le fabuleux disque enregistré live » Breakin’it up, breakin’it down » assurant à notre harmoniciste une reconnaissance nouvelle auprès d’un public élargi.

La suite de son aventure musicale culmina en 1996 avec un album multi récompensé « Deep in the blues » avec la participation de Charlie Haden et de Joe Louis Walker ou sa voix apporte toute sa dimension à une musique pour laquelle il était né. Pour ceux qui ne le connaissent pas ou peu, découvrez sur la toile les albums cités ici même. Avec la disparition de James Cotton, il ne nous reste plus aujourd’hui que l’harmonica de John Mayall pour continuer à nous bercer dans le blues.  Il est à souhaiter que nous gardions ce dernier le plus longtemps possible parmi nous.

                                                                                                                          Frédéric.

james cotton

James Cotton - You Got My Nose Open

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22 mars 2017

ERIC CLAPTON Tour 2017: Echos de New York City !

Eric Clapton a débuté dimanche dernier 19 mars, sa petite série de concerts pour l’année 2017 par deux shows au Madison Square Garden de New York, qui bien entendu étaient tous les deux sold out. Le moins que nous puissions dire est l’accueil qui lui fût réservé par les critiques musicaux locaux a été pour le moins mitigé et ce pour plusieurs raisons. Si bien évidemment la qualité de la musique proposée n’est pas remise en cause, il semble que la magie ainsi que l’émotion furent aux abonnés absents. Il parait donc, à un peu plus de deux mois des concerts Londoniens auxquels beaucoup de lecteurs de ce blog se rendront, intéressant et utile de trouver une explication à cette relative indifférence de la presse spécialisée.

La première raison incombe en premier à notre guitariste et à lui seul qui aurait pu facilement s’éviter ce désagrément. Pour qui connait l’esprit patriote des Américains, il est facile d’imaginer la portée de la nouvelle de la disparition de Chuck Berry, compte tenu de l’immensité de l’œuvre et de l’apport de ce dernier à la notoriété du Rock n’Roll. L’ensemble des stars du monde entier ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a rendu un hommage appuyé au créateur de « Johnny B good ». Chacun de nous, qui l’avons vu si souvent sur scène, sait qu’Éric Clapton est peu expansif , peut- être d’ailleurs par timidité. C’est ainsi qu’en mai 2015, son hommage à BB King, qui venait de disparaître le jour même s’était réduit à un simple « I just want to say that this show is for B ». Ce qui ne veut bien sûr pas dire qu’il avait été insensible à la disparition de son ami. Mais ce qui passe sans aucune difficulté au Royaume Uni n’est pas forcément identique de l’autre côté de l’atlantique et son silence sur la disparition de Chuck Berry a été assimilé à, dans le meilleur des cas, de la froideur ou pire une certaine arrogance. Voici, par exemple, ce que titrait « New Jersey.com » après son premier concert au Madison Square Garden :

Eric Clapton shreds the hits, with no mention of Chuck Berry, at NYC concert.

« The lone peculiarity in a performance otherwise executed very close to playbook came late Sunday, after Eric Clapton had already exited stage left and Madison Square Garden's house lights faded back on. 

It was then that fans realized, now with certainty, that the blues-rock legend would make no mention of Chuck Berry, the revered rock harbinger who died Saturday night, at 90.

Considering the universality of Clapton's influence -- he is one of very few artists left alive whose distinct tone is as wholly felt in modern rock as Berry's -- his first of back-to-back nights in New York seemed the perfect platform to memorialize the "father of rock n' roll" in some way. 

But there was no cover tune, no acknowledgement, nothing. Clapton played 90 minutes of standards with no deviation, deep cuts or shakeups, yelled "thank you!" a few times to the sold-out crowd throughout the evening, and was gone.

Standing center stage, with eyes shut and back bent slightly aft, Clapton set his guitar ablaze with criminal precision and delivered the sort of smoldering, entrancing solos you'd expect from the only man inducted into the Rock and Roll Hall of Fame three times. 

His extended parts on "I Shot The Sheriff" and the Robert Johnson cover "Little Queen of Spades" were particularly masterful, his fleet fingers aging gracefully across his black Stratocaster, as a six-piece band kept time from the flanks. 

Standing ovations were common during the set, and folks leapt from their chairs once "Queen of Spades" hit its final note. » 

 

 

Sur le plan purement musical, chacun sait qu’à 72 ans, Eric Clapton ne prendra pas de risques démesurés sur scène. Son show parfaitement réglé dans ses moindres détails avec de brillants musiciens en qui il a toute confiance est composé de morceaux rodés depuis des années et donc qui ne laissent place à aucune improvisation et à un show qui peut apparaître comme manquant d’âme sur certains aspects. Ce confort nécessaire et d’ailleurs parfaitement compréhensible lui est indispensable pour une parfaite expression, mais peu légitimement provoquer une certaine petite déception sur une partie de son public qui attend toujours monts et merveilles de lui et qu’il le fasse vibrer comme à ses débuts. Les seules nouveautés des shows de 2017, par rapport à ceux du printemps 2015 sont l’inclusion de deux morceaux de Cream » Badge » et « Sunshine of your love » en lieu et place des deux morceaux de Joe Cocker » You’re so beautiful » et « High time we went ». Rassurons cependant tous ceux qui vont se rendre à Londres en mai prochain, notre guitariste est comme un moteur diesel, il lui faut juste un peu de temps avant de pouvoir exprimer toute sa puissance. Les concerts de New York et de Los Angeles vont servir de répétition idéale pour ceux à venir au Royaume Uni et tout le monde sait à quel point le cadre magique du Royal Albert Hall influence dans le bon sens celui que nous appellerons GOD toute notre vie.

                                                                                                                                  Frédéric.

Eric Clapton & His Band - March 20, 2017
01.  Somebody Knocking
02.  Key To The Highway
03.  Hoochie Coochie Man
04.  I Shot The Sheriff
05.  Driftin'
06.  Nobody Knows You When You're Down And Out
07.  Layla
08.  Tears In Heaven
09.  Badge
10.  Wonderful Tonight
11.  Crossroads
12.  Little Queen of Spades
13.  Cocaine
14.  Sunshine Of Your Love (encore)
15.  Before You Accuse Me (encore) - with Jimmie Vaughan and Gary Clark Jr.

clapton

Sunshine Of Your Love : Eric Clapton MSG mon mar 20 2017

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21 mars 2017

Crosby Stills Nash and Young, le retour. Faut' il y croire (suite) ?

Le sujet a déjà été évoqué récemment ici même, mais la rumeur semblant prendre forme, il parait intéressant de s’y attarder même brièvement pour conclure cette semaine. Crosby Stills Nash and Young reprendraient le chemin de la scène après avoir juré que vu les tensions les opposant cet événement ne pourrait jamais plus se produire au désespoir de tous leurs fans du monde entier.

 Certes le motif de cette réunion éventuelle ne serait pas très glorieux, mais il suffirait largement à notre bonheur bien qu’il nous oblige à rentrer dans la rubrique people qui n’est pas du tout la ligne directrice de ce modeste blog. Selon certains sites américains, toujours très en pointe sur ce type d’information, Graham Nash et Neil Young se retrouveraient confrontés à des difficultés financières aussi surprenantes qu’inattendues. Nos deux amis paieraient visiblement très cher un divorce avec leurs compagnes respectives surtout Graham Nash qui était en couple depuis plus de trente ans. En ce qui concerne Neil Young, à divers problèmes conjugaux s’ajouterait surtout le très mauvais investissement réalisé dans le lecteur de musique Pono, qui au départ était destiné à concurrencer les produits Apple et qui a rapidement tourné à une véritable catastrophe commerciale lui coutant très cher.

Bien sûr, toutes les difficultés itinérantes à une telle réunion sont encore loin d’être résolues à commencer par le réel désir de musiciens en froid de passer de longues semaines ensemble sans trop s’adresser la parole mais l’expérience a déjà prouvé par le passé que l’appât du gain était capable de renverser les montagnes (tournée de Simon and Garfunkel par exemple). Et puis les royalties résultant de cette tournée promettent d’être particulièrement rémunérateurs avec les très lucratives ventes de CD, de blu-ray et de tous les produits dérivés.

Il reste maintenant à déterminer à quelle date cette éventuelle réunification pourrait prendre forme. Stephen Stills tournant en début d’été avec Judy Collins, les premiers échos parlent du festival de Coachella dans le désert californien en octobre qui précéderait plusieurs dates aux Etats Unis.

Seront-elles suivies d’autres en Europe ? Nous en sommes encore très loin et il est bien évidemment beaucoup trop tôt pour envisager le plaisir d’accueillir nos idoles, mais imaginez un court instant Crosby Stills Nash and Young à L’Olympia, cela n’aurait -il pas de l’allure même si le prix des billets, sans doute particulièrement élevé, pourrait refroidir l’enthousiasme de quelques- uns ?

                                                                                                                              Frédéric.

csny

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20 mars 2017

ALISON KRAUSS" Windy City": Réservé aux amateurs de country !

Très agréable à l’écoute mais pas indispensable à l’achat et en tout cas et surtout réservé aux seuls amateurs de musique country. Telles sont les premières remarques qui viennent à l’esprit lors de la découverte du dernier album de Alison Krauss » Windy city ». Cette impression est d’ailleurs à rapprocher au ressenti éprouvé lorsque le cofondateur de The Eagles Don Henley avait sorti en septembre 2015 son album solo aux accents très country et intitulé « Cass County ».

Pour ceux qui n’ont jamais entendu la voix de cristal de la jolie blonde Alison Krauss, je leur conseille de s’orienter en tout premier sur ses albums avec son groupe Union Station avec en particulier les disques « Live »et « Paper airplane » beaucoup plus complets et surtout moins prisonnier d’un style puisque abordant avec une brillante réussite des genres comme la country, le folk et le bluegrass.

Ceci évacué, il n’en reste pas moins que « Windy city » est un splendide disque de musique country dont nous ne pouvons que regretter qu’il soit si court (à peine 34 minutes) tant les dix chansons de la version de base défilent vite. Alison Krauss reprend dix standards du répertoire classique de la musique country au travers les différentes époques avec un brio, une sensibilité et une incroyable émotion se dégageant de l’ensemble. La country semble avoir été écrite pour elle tant elle réussit à toucher notre cœur avec une voix d’une profondeur inouïe pour quelqu’un qui aborde vraiment le genre sur un album entier pour la toute première fois de sa carrière. Epaulée par tous les requins de studios de Nashville auxquels s’est rajouté Jim Horn, Alison Krauss signe avec « Windy city » un album très réussi mais comme annoncé en préambule qui est exclusivement réservé aux amateurs de musique country.

Souhaitons cependant qu’elle reprenne très prochainement le chemin des studios et des tournées avec son groupe Union Station ou son talent et sa personnalité peuvent s’exprimer au mieux dans sa diversité. Si par hasard, dans le cadre de ces dernières, elle décidait d’effectuer une petite halte par la France, nous serions nombreux à être comblés de tomber à nouveau sous le charme de son sourire et de sa voix de cristal.

                                                                                                                   Frédéric

 

alison krauss

Alison Krauss - You Don’t Know Me (Audio)

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19 mars 2017

CHUCK BERRY: Nous sommes tous orphelins !

Quelle triste nouvelle en ce dimanche matin ! Sa carrière étant connue de vous tous, il est inutile de rajouter la moindre ligne. Un immense merci à la ville d'Andernos les Bains pour avoir invité le maître en juillet 1977. Ce concert gratuit et en plein air fut la seule occasion ou nos chemins se sont croisés. Merci pour tout Maestro !

                                                                                                                                                             Frédéric.

Chuck Berry - Johnny B. Goode - ( Alta Calidad ) HD

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18 mars 2017

Le bonus du week-end: hommage à JAMES COTTON !

Il nous a quitté jeudi dernier dans la plus grande indifférence des médias. Nous aurons l'occasion de revenir sur son immense carrière ici même le 23 mars.

Excellent week end musical à tous.

                                                                                                                                                                   Frédéric.

Muddy Waters & James Cotton- Got My Mojo Working 1966

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17 mars 2017

JOHN MAYALL à Bordeaux: Bien plus qu'un simple concert !

Immense, immortel, géant, tels sont les premiers adjectifs qui venaient après 1h50 d’un show éblouissant à l’esprit des trop rares spectateurs ayant assisté à la démonstration de virtuosité que leur a offert John Mayall dans le superbe théâtre Fémina de Bordeaux ce mercredi 15 mars. Ce dernier n’était que malheureusement rempli qu’au 2/3 quand les lumières s’éteignirent sur le coup de 20h45 après une obscure première partie dont tout le monde aura oublié le nom ce matin. Mais ceci n’est qu’un détail.

Les absents Bordelais ont donc eu tort et très franchement tant pis pour eux. Quand l’opportunité de rendre sans doute un ultime hommage à une légende du blues se présente dans une ville transformée depuis juin 1995 en un véritable désert culturel, il faut savoir la saisir. Certains ont fait un autre choix, cela restera leur problème. Mais revenons plutôt au séisme qui s’est produit hier soir dans une salle qui ne demandait qu’à s’enflammer. Beaucoup d’interrogations se présentaient autour de ce concert. Tout d’abord, comment aller être gérée l’absence pour la tournée de l’excellent guitariste Rocky Athas ? Et puis, comment à 83 ans, John Mayall allait ‘il être capable d’assurer un show qui reposait essentiellement sur ses épaules puisqu’il avait décidé de tenir lui-même la guitare ? Ce dernier point a été habillement maquillé puisque celle- ci ne fut qu’utilisé que sur trois des treize morceaux proposés. Sur ceux- ci, il est difficile d’affirmer que John Mayall ait montré des qualités de virtuose sur un instrument dont nous savons tous qu’il n’est guère un expert. Nous résumerons sa prestation en disant que le minimum a été assuré. Mais c’est bien sûr aux claviers et à l’harmonica que notre légende était attendue par tous et sur ce plan-là, non seulement il ne nous a pas déçu, mais il nous a offert une démonstration étourdissante. Quel talent ! Quelle classe et quelle santé ! Ses solos d’harmonica ont littéralement mis en transe un public qui lui était tout acquis. Oublié l’absence de guitare, oublié une voix chevrotante (mais à 83 ans, quoi de plus normal), place à des blues brûlants souvent empruntés à ses tous premiers albums, qui vous étreignent dès la première note pour ne plus jamais vous lâcher.

Mais une telle démonstration ne peut se réaliser sans un accompagnement à la hauteur du talent de l’artiste. Nous savons tous ce que doivent à John Mayall des légendes comme Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor pour ne citer qu’eux. Les deux musiciens qui l’accompagnaient mercredi soir sont tout à fait dignes de ces noms prestigieux. Jay Davenport à la batterie nous fit une superbe prestation, toute en puissance et en maitrise. Mais la véritable vedette de la soirée fut incontestablement le bassiste Greg Rzab au look inspiré de Jaco Pastorius, qui souleva littéralement la salle par des improvisations tellement exceptionnelles au point que John Mayall lui-même s’arrêta, alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa guitare à l’issue du solo, pour continuer à admirer avec des yeux ébahis ce qu’était en train de réaliser celui qui, sans nul doute, sera appelé à connaitre une brillante carrière. Nous suivrons donc avec le plus grand intérêt dans les prochaines années la production de cet extraordinaire bassiste qui par certains moments n’était pas sans évoquer le génie Jaco Pastorius qui inspire son look.

Mais si nous ne devions retenir qu’un seul aspect de ce fabuleux concert, ce serait le plaisir qu’éprouve John Mayall à 83 ans et après tant d’années passées à écumer les scènes du monde entier, à jouer et à enflammer un public. Bien plus qu’un simple concert, nous avons assisté mercredi soir à une véritable leçon de vie. Le blues est immortel et John Mayall sera pour toujours un de ses plus brillants représentants. A ce titre, notre reconnaissance envers son apport à cette musique sera éternelle au même titre que son harmonica.

                                                                                                                         Frédéric.

John Mayall Bordeaux 2017

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16 mars 2017

Les lieux qui ont fait le rock: The SHADY GROVE in San Francisco !

Les lieux légendaires ne peuvent pas disparaître de nos esprits même si depuis de nombreuses années les démolisseurs ont fait leur œuvre et que les scènes ou se sont produits les plus grands ont laissé tristement la place à de vulgaires commerces. C’est bien sur le cas du Marquee à Londres, mais aussi d’un club un peu moins connu en France car il se situait à 8952 kms de Paris : le Shady Grove de San Francisco, club mythique s’il en est de la période du flower power jusqu’à sa disparition au début des années 80. Vous pouvez donc facilement imaginer l’émotion qui a envahie le jeune homme de vingt ans que j’étais lorsque, en cette douce soirée du 8 octobre 1976, les portes du club de légende se sont ouvertes devant mes yeux incrédules.

Situé au 1538 Haight Street, les souvenirs de cette soirée mémorable sont encore omniprésents dans mon esprit, près de quarante années après. Tous les plus petits détails sont encore en moi, comme par exemple ce trajet en bus de Market Street jusqu’à ce fameux quartier du Haight Asbury qui m’évoquait cette époque du summer of love pour lequel j’éprouve toujours, à bientôt 61 ans, cette immense fascination. La moue du chauffeur de bus me montrant le panneau interdisant de lui parler alors que je le questionnais juste sur l’arrêt auquel il me fallait descendre est même encore présente dans mon esprit. Heureusement que les usagers étaient plus compréhensifs. Arrivé en plein Haight, et alors que la nuit commençait à tomber, comment ne pas se rendre au 710 Asburry Street et admirer la maison du Grateful Dead ou tant de délires psychédéliques se sont produits. Puis vint enfin le moment de pénétrer dans le temple : le Shady Grove. Un peu à l’image du Marquee de Londres, les murs menant à la salle étaient recouverts des affiches de tous ceux qui s’étaient produits et mon regard était comme hypnotisé par tous ces noms magiques : Mike Bloomfield, Robert Hunter, Jerry Garcia, Quicksilver Messenger service, Moby Grape… Citer tout le monde serait trop long et fastidieux. La salle était relativement étroite avec le comptoir sur la gauche. Ce soir- là, Commander Cody et ses lost planet airmen répétaient en toute discrétion leur nouvel album. La suite de cette nuit inoubliable vous a été déjà contée ici même, le 28 avril 2016 dans le récit »3 jours à San Francisco ». Quarante années après, les souvenirs sont toujours intacts et ne pourront jamais s’effacer de ma mémoire.

Aujourd’hui, si vous consultez Google Street, vous découvrirez avec tristesse que le 1538 Haight Street correspond à une épicerie de quartier. Ainsi va la vie. Peu importe après tout, le Shady Grove sera toujours présent dans le cœur des amoureux du son west coast.

                                                                                                                           Frédéric.

 

shady grove San Francisco

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