BALLAD into BLUES,ROCK and FOLK of the Seventies

20 novembre 2017

Lucky Peterson en concert à Eysines: Une déception à la hauteur de l'attente !

Si l’exercice de conter un concert que l’on a apprécié est délicat, il l’est encore plus de faire partager un ressenti de déception tout en essayant de garder l’objectivité indispensable à toute review sérieuse. Tout est parti d’un malentendu lors de l’achat de nos billets pour le concert de Lucky Peterson du 16 novembre dernier à la salle du Vigean en banlieue Bordelaise. Pour les fanatiques de blues que sont mes amis et moi-même, Lucky Peterson est un guitariste référence de cette musique et nous nous étions réjouis d’assister à un concert de ce géant, qui plus est, pour la modique somme de 20€. Malheureusement, nous avons omis de prêter attention à la dernière production de l’artiste, qui est un hommage à Jimmy Smith ou la guitare est abandonnée au profit de l’orgue Hammond et ou le chant est réduit à sa portion congrue. C’est malheureusement la configuration qui s’est présentée à nous en ce jeudi soir provoquant ainsi une immense déception pour ceux qui, comme nous, n’étaient pas préparés à assister à un show illustrant ce style musical.

Se présentant avec un batteur, un trompettiste, un guitariste et bien sûr avec son orgue Hammond sur laquelle il est resté fixé toute la soirée, Lucky Peterson réussit avec son morceau d’ouverture à entretenir l’espoir d’une soirée intéressante. Plutôt bien enlevé, bien swinguant, ce titre montra immédiatement, au nombreux public qui garnissait la petite salle, le talent individuel de chacun des musiciens présents. Mais dès le deuxième morceau, les événements commencèrent à se gâter sérieusement. La reprise qui suivit de « Got my mojo working » de Preston Foster et immortalisée par Muddy Waters, fit très vite apparaître les limites de la configuration de la soirée. Un micro mal positionné tout le long du concert provoqua des sauts sur la voix de Lucky Peterson, visiblement peu habitué à devoir chanter en position assise derrière un volumineux instrument. Ceci, rajouté au solo effectué à l’orgue Hammond au lieu de la guitare accentua le sentiment de gêne. Plus surprenant et encore plus déconcertant fut la suite de la set list proposée. Aux quelques extraits de l’album hommage à Jimmy Smith, succéda un véritable catalogue de la Redoute, totalement incompréhensible, car sans queue ni tête et bien peu en rapport avec son répertoire habituel. C’est ainsi que nous eûmes droit à la reprise surprenante et très quelconque de « Birdland » de Weather Report (l’interprétation de cette pépite par un groupe sans bassiste et saxophone n’avait aucun sens quand on sait qu’elle reposait avant tout sur le travail de Jaco Pastorious et de Wayne Shorter), de « Stand by me » (qui avait pour but de faire chanter le public) et enfin de « Papa was a Rolling Stones » des Temptations dont nous pouvons nous interroger sur l’intérêt de la présence dans le cadre d’un concert dont le thème principal est un hommage à Jimmy Smith.  Pris individuellement, les musiciens présentaient incontestablement un certain et évident talent, et curieusement, ce fut Lucky Peterson lui-même qui provoqua la plus grande déception. Mal à l’aise au chant dans cette position et ne réussissant, à aucun moment, à transmettre au spectateur le bon feeling d’un instrument pour lequel il n’est pas spécialement destiné, sa prestation n’imprima jamais sa marque dans cette soirée. De plus, il aurait pu aisément se dispenser de conclure son set en annonçant au micro que ses cd étaient en vente à la sortie. Cela n’était pas du meilleur goût.

                                                                                                                                     Frédéric.

Ps : Un dernier mot, sur la première partie. Comment, lorsque l’on est un organisateur sérieux et responsable, peut- on oser proposer une telle nullité (et encore le mot est faible) ? Ce pauvre garçon, dont j’ai oublié le nom, ne savait même pas tenir une guitare, racontait n’importe quoi au micro et a présenté un set ridicule et lamentable. Ce ne sont pas les jeunes formations de talent, proposant une musique en rapport avec la soirée, qui manquent dans la métropole Bordelaise et qui auraient tant voulu évoluer devant un public nombreux comme celui de jeudi soir. Pourquoi ne pas leur donner une chance au lieu de proposer une telle niaiserie ?

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18 novembre 2017

Le bonus du week-end: Muddy Waters " Hard again"

Sorti en 1977 et faisant suite à son extraordinaire passage dans "The last Waltz", ce magnifique album, produit par Johnny Winter, a ouvert les portes de la musique de ce géant du blues à un public élargi.

Régalez vous à son écoute.

Excellent week-end musical à tous.

                                                                                                                                                              Frédéric.

Muddy Waters - Hard Again (1977) (Full Album)

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17 novembre 2017

Crosby, Stills and Nash: l'impossible retour ?

Il va falloir malheureusement nous faire une raison, les chances de revoir un jour l’exceptionnel trio Crosby, Stills and Nash se reconstituer sont minimes voire inexistantes pour de multiples raisons. La première est que, bien que très légèrement apaisées, les relations entre David Crosby et Graham Nash sont loin d’être au beau fixe. La seconde est que nos musiciens semblent avoir pris des directions musicales opposées ces dernières années. Si Stephen Stills, de par ces expériences musicales diverses n’éprouverait aucune difficulté à revenir dans le trio magique, de même que Graham Nash, resté fidèle à sa musique comme en témoigne son dernier album solo, il en est complétement différemment pour David Crosby qui à 76 ans semble vouloir conclure sa carrière par l’exploration de musiques pour lesquelles il éprouve une attirance certaine, mais qui sont à l’opposé de celle de Crosby, Stills and Nash et qui déconcertent beaucoup de ses inconditionnels. C’est ainsi que son dernier album « Sky trails » paru le 29 septembre dernier, qui fait la part belle au jazz, a provoqué une division d’opinion de ses fans rarement égalée jusqu’à présent. Certains adorent, d’autres détestent. Bien sûr, c’est tout à l’honneur d’un artiste de savoir se remettre en cause, quel que soit son âge, pour explorer de nouvelles voies, mais soyons objectif, est ce que ce jazz légèrement teinté de folk est réellement conçu pour la voix de David Crosby ? Chacun apportera sa propre réponse, mais pour mon modeste avis, celle-ci reste négative et dans tous les cas est bien trop tardive, car si David Crosby avait émis le souhait d’orienter sa carrière différemment, il aurait dû prendre ce virage à un âge ou son extraordinaire voix était à son sommet comme l’a fait Neil Young qui a, hélas pour beaucoup, quitté son côté folk pour s’orienter dès 1976 pour un punk rock politisé, à l’image de l’extrait publié de son nouvel album,  particulièrement déplaisant aux oreilles de ceux qui ont été bercé par ses ballades (mais ceci n’est que le reflet d’une opinion personnelle). 

A défaut du trio, il nous reste à souhaiter que Graham Nash nous rende une nouvelle visite aussi extraordinaire que son concert du printemps 2016 à La Cigale et que Stephen Stills ait la brillante idée de venir effectuer quelques jams en Europe avec son si performant groupe de blues/rock The Rides. Nous les accueillerons avec le plus grand plaisir.

                                                                                                                        Frédéric

The Rides - Front And Center - "Can't Get Enough" live video

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16 novembre 2017

The Doobie Brothers 2017: Notre groupe tel que nous l'aimons !

The Doobie Brothers ont littéralement conquis, la semaine dernière à Bruxelles, un public, composé essentiellement de soixantenaires (certains au look qui évoquait la Highway one), en leur proposant un show terriblement enlevé et enthousiasmant basé en priorité sur les cinq premiers albums du groupe (14 chansons sur les 18 interprétées) contre le seul « Takin in to the streets » illustrant la triste période Michael Mc Donald. Au palmarès, ce fut l’album « The Captain and me » qui remporta d’ailleurs la palme, puisque 6 morceaux extraits de cet opus furent joués ce soir- là. Au-delà de ces simples statistiques, il convient de s’interroger sur le pourquoi du contenu de cette set list. En premier lieu, il est nécessaire de s’attacher à étudier la composition du groupe qui s’est produit dans le cadre de cette tournée Européenne. En plus du duo fondateur Pat Simmons et Tom Johnston se sont rajoutés de vrais spécialistes de la musique Rock/West Coast, comme John Cowan et John Mc Fee (intégré depuis fort longtemps dans le groupe), rajoutez- y un Bill Payne, qui, avant de créer Little Feat, a trainé avec tous les musiciens de la bay area et vous obtiendrez une formation typique de celles que vous pouviez trouver au pied du Golden Gate au début des seventies produisant un son ou la guitare avait un rôle primordial. Les Doobie Brothers furent très longtemps à juste titre considérés comme des pionniers du genre au même titre que The New Riders of the Purple Sage et autres Grateful Dead.

 Les inconditionnels du groupe furent donc totalement désorientés lorsque, au milieu des seventies, profitant des problèmes de santé de Tom Johnston qui l’obligèrent à se mettre au début en retrait de la formation, avant de devoir la quitter définitivement, Michael Mc Donald la transforma à un point, que le talent de Pat Simmons se réduisit au rôle d’un simple accompagnateur d’un musicien de clavier. Pour couronner son œuvre de destruction, en voulant décider de tout, l’ex choriste de Steely Dan finit par écœurer l’ensemble d’un groupe qu’il avait littéralement vampirisé avant de réussir même « l’exploit » de provoquer sa dissolution. Car ne nous y trompons pas, la musique Rock/ West Coast est avant tout construite autour de la guitare et vouloir la baser uniquement sur des claviers comme l’a imposé et réalisé Michael Mc Donald est une véritable hérésie et aussi un contre sens musical profond. Entendons -nous bien,le talent de compositeur et de chanteur de ce dernier n’est nullement remis en cause ici, mais la musique qu’il a imposé n’avait, en aucun cas, sa place dans le répertoire d’un groupe qui a écrit de véritables perles comme « Listen to the music » et « South city midnight lady » pour ne citer que ces deux morceaux ou la guitare joue un rôle essentiel, considérés, à juste titre,  comme de véritables références d’un genre musical et qui sont le parfait reflet du son de la ville du Golden Gate.

Revenus à ses premiers amours autour de son duo fondateur Tom Johnston et Pat Simmons, The Doobie Brothers a délibérément choisi de combler ses fans en leur offrant le meilleur de la période dorée du début des seventies qui est le parfait reflet de leur musique. Les amateurs de Rock/ West Coast seront éternellement reconnaissants envers ce groupe de légende pour leur avoir offert le temps de cette inoubliable soirée cette part de rêve que seule la musique issue de la baie de San Francisco sait incarner. Puissent-ils prolonger ce bonheur le plus longtemps possible.

                                                                                                                             Frédéric.

Dark Eyed Cajun Women

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15 novembre 2017

Terry Dolan: L'incroyable découverte !

Comme le magnifique album de PP Arnold, largement évoqué ici-même, le mois dernier, voici l’histoire d’un disque sorti des caves de sa maison d’édition, plus de 44 années après son enregistrement, avec comme point commun avec celui de l’ex Ikette, un casting hors du commun. Mais la comparaison s’arrête là car Terry Dolan, obscur chanteur et guitariste de folk/rock de la scène de San Francisco de la fin des sixties jusqu’au seventies, est loin de posséder le même talent vocal que PP Arnold. Si pour cette dernière, l’auditeur a tendance à plutôt la remarquer que ses side musicians prestigieux, c’est tout le contraire de ce qu’il ressentira à l’écoute de cet album qui vaut avant tout pour sa partie instrumentale.

Si donc, Terry Dolan, venu de la côte Est, peut être qualifié de second couteau, il n’en demeure pas moins que la pépinière de talents, qui regorgeait à cette époque dans la ville aux 43 collines, lui permit de rencontrer et de proposer à des musiciens prestigieux de l’accompagner pour l’enregistrement de son premier album. C’est ainsi qu’il réussit à convaincre Nicky Hopkins, non seulement de venir sur son album montrer son exceptionnel talent de pianiste, mais aussi de le produire sur la première face. Comme cela ne suffisait pas se joignirent John Cipolina (Quicksilver Messenger service), Spencer Dryden (Jefferson Airplane), Lonnie Turner (Steve Miller Band), Peter Sears (Rod Stewart, puis Jefferson Starship qui produira la seconde face de l’album), Neal Schon (Carlos Santana) et merveille suprême, rien que moins que les Pointers Sisters pour assurer les chœurs féminins. Autant vous dire tout de suite que, si vocalement parlant, l’album peut être volontiers qualifié de moyen plus, les parties instrumentales sont un pur régal avec en particulier les solos de John Cipolina qui nous prouve qu’il fût un des plus grands guitaristes de cette époque dorée. Définir la voix de Terry Dolan qui nous a quitté en 2012 n’est guère aisé. Chacun jugera avec la bande son jointe à cet éditorial, mais nous pouvons la rapprocher de celle d’un Tim Buckley, sans que celle-ci atteigne le niveau de celle du chanteur de Los Angeles. Il faut noter aussi sur l’album l’interprétation surprenante et déconcertante de « Magnolia » de JJ Cale.

C’est donc un formidable document sur une époque où les rencontres entre musiciens prestigieux étaient monnaie courante. L’album nous est vendu à un prix des plus abordables. Raison de plus pour ne pas s’en priver.

                                                                                                                                    Frédéric.

Terry Dolan - Terry Dolan (1972)

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14 novembre 2017

Rolling Stones, Who, Gilmour, Waters, Clapton: Et si nous ouvrions le débat ?

Les écrits qui vont suivre vont peut-être en énerver quelques- uns, surtout ceux qui appartiennent à une catégorie de public qui ne tolère pas la moindre remarque envers ses idoles, mais franchement ce n’est pas bien grave car ce blog aime bien poser les questions qui dérangent. Le principal argument de ces personnes étant : puisque le groupe est universellement connu et qu’il continue à remplir les salles, il est impensable d’émettre la moindre critique ou, mieux encore, la moindre remarque négative si petite soit- elle.  Pour illustrer ces propos, sachez que le fait d’avoir remis en question l’intérêt des tournées des Rolling Stones et la motivation de leur guitariste Keith Richards m’a valu quelques messages d’insultes, parfois fort virulents que je me suis refusé à publier car bien peu conformes à l’esprit de ce modeste blog.

Et pourtant le débat ne mérite-t-il pas d’être posé clairement en toute sérénité ? Car, malheureusement, comme pour nous, le poids des années n’épargne pas nos idoles et parmi celles-ci, certaines résistent mieux que d’autres. Ce n’est pas faire insulte aux Rolling Stones que d’affirmer que ceux-ci ne pourront pas éternellement sauver leur spectacle grâce à l’énergie d’un Mick Jagger et le sérieux d’un Charlie Watts qui parviennent par leur talent à masquer le naufrage complet de Keith Richards et aussi de dire haut et fort que Ronnie Wood ( certains l’ont pourtant trouvé énorme, cela fait peur), malgré, son sympathique sourire, ne possède pas le millième du génie de Mick Taylor et que donc la question de l’intérêt de continuer à se produire sur scène se pose de manière fort légitime. Le débat peut aussi s’élargir à l’autre groupe phare des sixties et des seventies, The Who, avec le pitoyable concert donné en juillet 2015 au Zenith Parisien ou Roger Daltrey, entouré de fort médiocres musiciens, avait passé deux heures à chanter faux et s’était ainsi totalement discrédité (le concert n’ayant été sauvé que par la brillante performance de Pete Townshend). Le groupe vient d’annoncer ce dimanche qu’il se fixait pour deux années au Caesar’s palace de Las Vegas, moyennant un lucratif contrat (quelle triste fin ! Nous y reviendrons la semaine prochaine).

Il en est de même pour les deux ex Pink Floyd, David Gilmour et Roger Waters, dont les tournées sont certes extrêmement lucratives sur le plan monétaire, mais d’un niveau musical des plus restreints. Quels sont la légitimité et l’intérêt musical de ces tournées vendues au grand public comme étant la diffusion de la musique de Pink Floyd sans la participation des autres membres du groupe d’origine ? A ce sujet, le consternant spectacle de David Gilmour à Pompeï devant un public débile, issu, en grande partie, de la génération smartphone et agitant les bras comme à un spectacle de Pascal Obispo, parle de lui-même. Entouré de musiciens, certes intéressants sur un plan individuel (excepté le batteur et le chanteur venu de chez Michael Jackson) mais ne présentant pas la moindre cohésion entre eux, notre guitariste a littéralement trahi l’esprit initial de la musique de Pink Floyd en réduisant son show à un spectacle pyrotechnique, certes spectaculaire sur un plan visuel mais terriblement creux sur l’aspect musical et hélas suffisant pour un public prêt d’avance à tout gober, dès lors que l’on lui vend la présence d’un des ex membres des Pink Floyd. Ne vaudrait-il pas mieux rester sur la magie de la musique originale des Floyd que de la voir dévoyée à ce point ? Surtout qu’au niveau des rentrées d’argent, il me semble savoir que les disques du groupe fondé par Syd Barett et sa bande se vendent toujours aussi bien au quotidien. La meilleure solution, pour éviter ce genre de fiasco, serait peut- être que ces messieurs axent uniquement leurs futurs spectacles sur leurs nouvelles compositions.

Pour Eric Clapton, le problème se pose différemment. La question principale étant de savoir si notre guitariste possède toujours la réelle envie de se produire sur une scène et donc de proposer à son fidèle public un répertoire différent selon les années. Car, quand il est motivé et même à partir d’une set list identique, Eric Clapton reste le seul guitariste au monde capable de vous emmener directement au paradis terrestre comme en témoigne le concert du jeudi 25 mai dernier.

Les contre exemples à ces propos existent bien évidemment et ceci est d’ailleurs extrêmement réconfortant. Tony Joe White au New Morning, King Crimson à Pleyel en 2016, John Mayall à Bordeaux en mars dernier et tout récemment The Doobie Brothers à Bruxelles nous ont prouvé que le poids des années n’avait pas atteint leur motivation et leur goût pour l’innovation permanente rendant ainsi le public venu les voir particulièrement heureux.

Bien sûr, les propos exposés ici n’engagent que son auteur, en l’occurrence moi-même, mais j’estime que la question mérite d’être posée clairement. La rubrique commentaires de ce blog vous est bien évidemment ouverte pour recevoir vos avis.

                                                                                                                                         Frédéric.

John Mayall

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13 novembre 2017

The Doobie Brothers Bruxelles 2017: Les guitar heroes de la highway one !

Que l’exercice d’écrire après avoir vécu une soirée aussi exceptionnelle que celle qu’a offert The Doobie Brothers au public du Forest National en ce mercredi 8 novembre est difficile et délicat ! Des événements de cette dimension sont si rares dans une vie et cette sensation de bonheur qui a envahi ce soir- là tous les amateurs de musique Rock/ West Coast est tellement difficile à faire partager à celui qui n’était pas présent. Le récit, qui va suivre, va, donc peut -être, manquer légèrement d’objectivité aux yeux de certains tant la musique de ce groupe, comme déjà évoqué ici-même, a accompagné beaucoup d’étapes de ma vie personnelle. Cependant, je suis persuadé que ceux qui ne possèdent pas le même lien, partageront en grande majorité les propos de cette review livrée, pour une fois, en deux parties. C’est ainsi que vous trouverez aujourd’hui le récit du concert avec ses petites anecdotes et jeudi prochain une analyse plus détaillée sur le contenu musical proposé et l’évolution du groupe.

Bruxelles est une très belle ville avec cette magnifique Grand Place et ses nombreuses boutiques de chocolats et autres friandises qui ont fait le bonheur de mes gourmands amis présents pour ce concert. Dommage que, en cette période automnale, la nuit enveloppe la capitale Belge dès cinq heures de l’après- midi et nous empêche ainsi de profiter plus longtemps de ses multiples charmes. Après quelques hésitations pour comprendre le fonctionnement du métro et du tramway, nous arrivons devant la triste salle du Forest National, bâtiment assez lugubre et austère et relativement inhospitalier, heureusement bordés de bars restaurants plutôt accueillants dont un avait eu la bonne idée de diffuser sur ces écrans de télévision la musique des Doobie Brothers, contribuant ainsi à nous plonger dans l’ambiance.

Après un passage obligé à la boutique commercialisant les T Shirts de la tournée, nous rentrons à l’intérieur d’une salle, réduite dans sa capacité d’accueil pour l’occasion (entre 1000 et 1500 personnes étaient présentes en cette soirée), mais offrant une excellente visibilité et une acoustique plus que satisfaisante dont beaucoup d’autres salles devraient s’inspirer. Pour une fois, nous eûmes droit à une première partie, qui sans être renversante et exceptionnelle fut toujours de bon ton et qui surtout était en rapport avec le groupe vedette. Cet exemple devrait être suivi plus souvent, à commencer par notre cher Eric Clapton, qui au lieu de nous infliger les biceps de Doyle Bramhall II, pourrait nous proposer de jeunes formations qui s’inspirent directement de sa musique. JD and the Straight Shot, sans être génial, nous a livré pendant 45 minutes un folk original, légèrement teinté de country qui a largement satisfait le public de soixantenaires qui garnissait la salle.

Après un petit quart d’heure d’attente, le temps nécessaire aux roadies pour installer le matériel, les lumières s’éteignirent et le grand frisson pouvait enfin commencer. Quelle émotion de retrouver devant moi, après tant d’années, le duo fondateur Pat Simmons et son look si particulier et Tom Johnston ! L’espace d’un court instant, en les voyant bouger devant ce magnifique dessin du Golden Gate, je m’imaginais, quelques années en arrière, en train de rouler sur cette Highway One qui longe toute la côte californienne et qui mène à des endroits qui ont tant compté sur ma culture musicale comme Marin County, lieu de résidence privilégié de musiciens d’exception, comme Jerry Garcia, David Crosby, David Nelson et bien sur les fondateurs de Doobie Brothers.

A l’image de The Eagles et America, les groupes américains de ce style et de ce calibre musical ont la particularité d’être des showmen hors pair qui ne déçoivent jamais leurs fans et surtout de posséder un set parfaitement réglé et construit avec un final allant crescendo, basé avant tout sur la satisfaction du public et une manière très particulière de communiquer avec lui. Débarrassé du fardeau Michael Mc Donald (nous y reviendrons jeudi), la formation de San Francisco peut livrer librement toute la dimension de sa musique et totalement s’épanouir et combler ainsi un public nostalgique des premiers albums qui, par bonheur, constituèrent l’immense majorité du contenu du show de mercredi soir. Le ton fut donné dès « Jesus is just alright » qui ouvrait le concert. Tom Johnston, Pat Simmons et John Mc Fee commencèrent à rivaliser de virtuosité avec leurs guitares, prouvant à tous que la musique de Doobie Brothers est avant tout basée sur cet instrument et non sur les claviers comme essaya de l’imposer Michael Mc Donald. La communion se fit immédiatement et le public fut rapidement « en fusion » avec le groupe parfaitement épaulé par la basse de John Cowan, la batterie de Ed Toth, les claviers du géant Bill Payne et du formidable Marc Russo dont les apparitions avec son saxophone furent un véritable enchantement. Bien sûr, à mes yeux, le grand moment d’émotion de la première partie du concert fut l’inoubliable interprétation de « South City midnight lady », non seulement pour les raisons évoquées ici-même la semaine dernière, mais aussi pour le formidable travail de John Mc Fee à la pedal steel guitar déclenchant les premières standing ovations de la soirée. A plus de 70 ans chacun, les membres de Doobie Brothers respirent le bonheur de vivre ensemble toute une année pour arpenter les différentes scènes des Etats Unis et ce sentiment domine immédiatement pour celui qui les découvre à cette occasion. Bougeant sur la scène, comme à leurs vingt ans, Tom Johnston et Pat Simmons nous livrèrent un véritable show qui mit le public en transe, en particulier à la fin de « Long train Runnin’ » ou ce dernier tendit sa guitare vers les spectateurs du premier rang leur permettant ainsi de participer au morceau. C’est d’ailleurs, comme évoqué plus haut avec un final crescendo et littéralement époustouflant que Doobie Brothers conclut la deuxième partie avec un « black water » ou nos deux guitaristes rivalisèrent de virtuosité et un » China Groove » toujours aussi endiablé qui mit une grande partie du public debout.  Le premier rappel fut « Without you » extrait de « The captain and me » avant que ne vienne, pour conclure cette inoubliable soirée, le célèbre « Listen to the music » ou la plus- part des spectateurs (y compris votre serviteur) debout reprirent tous en chœur un refrain qu’ils connaissaient parfaitement, Tom Johnston livrant à cette occasion un véritable festival de guitare n’hésitant pas à interpeller un public en totale fusion avec ce groupe de légende. Ce morceau fut la conclusion d’une soirée inoubliable ou visiblement le bonheur de la foule avait conquis les musiciens au point qu’après avoir salué, ceux -ci ne quittèrent pas la scène immédiatement, serrant, comme aimait le faire en son temps Rory Gallagher, les mains de spectateurs comblés par ce moment extraordinaire qu’ils venaient de vivre.

Ces lignes sont écrites 48 heures après ce concert et depuis mercredi soir la musique des Doobie Brothers n’a non seulement pas quitté mes oreilles mais occupe surtout l’intégralité de mes pensées car, en effet, vu l’âge de nos musiciens et le fait qu’ils ne viennent en Europe que une fois par décennie, il me sera difficile de revivre un tel bonheur.  A moins d’aller faire un tour du côté des Etats Unis ou les premières dates pour 2018 commencent à s’afficher sur la toile.

                                                                                                                                       Frédéric.

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09 novembre 2017

The Doobie Brothers: La magie des guitares était à Bruxelles le 8 novembre 2017 !

Nous reviendrons très longuement la semaine prochaine sur ce concert inoubliable !

Pour vous faire patienter, voici quelques photos.

Excellente fin de semaine musicale.

Frédéric.

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08 novembre 2017

The Doobie Brothers: c'est pour ce soir !

Rendez vous, ici même la semaine prochaine, pour la review d'un concert qui s'annonce inoubliable !

                                                                                                                        Frédéric.

The Doobie Brothers - Listen To The Music, O2 Arena, 29 Oct 2017

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07 novembre 2017

Alphonso Johnson: ce bassiste méconnu !

C’est un immense bassiste que nous allons évoquer aujourd’hui et pourtant il reste méconnu et, en tout cas, totalement sous -estimé du grand public, car son seul tort, si l’on peut s’exprimer ainsi, fut d’avoir précédé Jaco Pastorius au sein du Weather Report de la grande époque (période post « Black Market ») ou le groupe sous l’impulsion du génial bassiste, originaire de Pennsylvanie et disparu de manière tragique acquit une dimension planétaire. Car contrairement à une idée largement répandue, le succès fut loin d’être toujours au rendez- vous pour le groupe de Joe Zawinul. Avant la parution de « Sweetnighter » et de « Mysterious traveller », les ventes de ses albums étaient plutôt confidentielles et s’adressaient à un public orienté uniquement jazz et très loin d’être majoritaire à l’époque. Ce n’est donc qu’au début de l’année 1974 puis sur les deux suivantes avec en particulier la parution de « Black market » que le talent d’Alphonso Johnson (Pastorius bien que figurant sur la photo, ne joua que sur les morceaux 2 et 6 de l’album) apparut aux yeux de tous et ce n’était que justice.

Bassiste instinctif, orienté plutôt funky à l’image d’un Lenny White à la batterie, mais ouvert à tous les styles musicaux comme le prouvera sa carrière solo après son départ de Weather Report, il sut le premier apporter cette chaleur qui manquait à la formation de Joe Zawinul et de Wayne Shorter pour la rendre plus abordable auprès du grand public. Plus discret et moins spectaculaire qu’un Jaco Pastorius sur scène, il savait pourtant par ses solos enflammer un public. Tous les spectateurs présents ce 1er novembre 1975 à la salle Pleyel pour le concert de Weather Report garderont éternellement en mémoire son solo et son duo avec le percussionniste Joachim Acuna. D’ailleurs, à l’occasion d’une discussion récente par mail, il me dira se souvenir parfaitement de ce concert avec en particulier la vision d’un public devenant hystérique à la fin de « Boogie woogie waltz ». Après avoir quitté Weather Report, Alphonso Johnson entamera une carrière solo, remplie uniquement que de trois albums dont l’exceptionnel « Moonshadows » longtemps introuvable et qui vient d’être tout récemment réédité avant d’être sollicité par des musiciens aussi divers que Carlos Santana, George Duke et même Bob Weir du Grateful Dead, preuve s’il en est que son style peut s’adapter à toutes les musiques.

Aujourd’hui, avec sa nouvelle formation, Alphonso Johnson écume les principaux festivals Américain ou il triomphe régulièrement. A ce sujet, un petit en Europe sera particulièrement bienvenu. Le prestigieux New Morning de Paris ne serait-il pas intéressé ?

                                                                                                                          Frédéric.

 

Ps : En raison du concert de Doobie Brothers à Bruxelles, ce blog va s’interrompre quelques jours. Prochain rendez-vous : Lundi 13 novembre.

Alphonso Johnson - On the Case (1976)

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