BALLAD into BLUES,ROCK and FOLK of the Seventies

21 février 2018

Les coups de coeur de l'hiver: Loggins and Messina "Danny's song" !

Pendant cette semaine de vacances, je vous propose de retrouver la rubrique inaugurée en décembre et intitulée « Les coups de cœur de l’hiver ». Aujourd’hui Loggins and Messina.

Ce duo illumina les seventies avant de voler en éclat. Loggins and Messina savait aussi bien nous proposer du country rock à tendance Jazzy que des ballades exceptionnelles comme ce « Danny’s song » qui évoquera surement d’inoubliables souvenirs à certains d’entre vous.

                                                                                                                                              Frédéric.

"Danny's Song" Loggins and Messina

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20 février 2018

Octobre 1976: 3 jours à San Francisco avec The Grateful Dead and The Who !

Octobre 1976 :

New Orleans:  the Super Dome.  Je viens d’assister au concert de The Eagles dans cette superbe salle ouverte au public depuis tout juste un an. J’étais loin de m’imaginer que ce splendide ouvrage servirait quelques années plus tard à accueillir les sinistrés de l’ouragan Katarina. Les deux heures que dura le show furent un moment inoubliable. Le groupe venait de sortir son album culte « Hotel California », qui n’est pas cependant mon préféré, mais dont les chansons mirent en état de transe les 30 000 personnes présentes et Joe Walsh souleva littéralement l’assistance avec un « Rocky mountain way » de derrière les fagots. Cependant, il me tardait de quitter la ville.  Etait-ce dû à l’impression de malaise qui m’habitait depuis mon arrivée dans cette ville splendide, mais au climat très insécuritaire et qui me poussait à partir ? Peut-être, mais pas seulement. Et puis, un immense événement musical se préparait à San Francisco en ce début octobre et j’avais le pressentiment que j’allais vivre un moment qui marque votre vie à tout jamais.

8 octobre 1976 : l’avion qui m’emmène vers le soleil californien est à moitié vide, je m’endors très rapidement pour évacuer la fatigue d’une courte nuit quand l’hôtesse de l’air, à qui j’avais décliné ma nationalité au moment du décollage, me réveille et me conseille de regarder au travers du hublot. Nous survolons une des sept merveilles du monde : le grand canyon du Colorado. Je suis littéralement subjugué par la beauté du paysage et le reflet du soleil sur les parois de cet endroit qui m’a tellement fasciné dès mon enfance.  Difficile de se rendormir après un tel moment et puis l’avion entame sa descente sur la ville qui  est le berceau du summer of love et de groupes dont la simple évocation du nom suffit à vous faire rêver : Grateful Dead, Jefferson Airplane, Moby Grape, It’s a beautiful day, Malo, New riders of the purple sage, Quicksilver Messenger Service et un nommé George Frayne, alias Commander Cody and his lost planet airmen dont j’étais loin d’imaginer que, grâce à lui,  la suite de cette aventure me permettrait de vivre une expérience unique.

Pour ceux qui connaissent San Francisco, le Bart est un moyen rapide, confortable et économique de se déplacer à travers la baie, pour un budget des plus modestes.  Je descends donc à la station proche de Union square où se trouvait l’hôtel que j’avais réservé depuis New Orleans.  Le soleil illumine ces premières journées automnales et l’absence de brouillard me permet d’apprécier comme il se doit le majestueux Golden Gate, La ville est recouverte d’affiches des « days on the green 8 and 9 » que propose Bill Graham.  Revenons un moment, sur le parcours de ce personnage totalement atypique et à qui le monde du rock rendra un bouleversant hommage lors de son décès, dans un tragique accident d’hélicoptère en 1991.  Né en 1931, de nationalité allemande et de religion juive, il a, par miracle, échappé aux horreurs du nazisme en arrivant à New York en 1941 après un bref transit par la France.  Par la suite, il est devenu un acteur majeur du summer of love en contribuant à l’éclosion et au succès des groupes cités plus haut en tant que promoteur de concerts dans ces salles mythiques que sont le Fillmore et le Winterland. 

Je ne saurai que trop vous conseiller la lecture de l’ouvrage qui lui est consacré et qui s’intitule : « une vie rock’n’roll ».

Je passe cette journée en pèlerinage dans le quartier du Haight Ashbury avec un arrêt obligatoire devant le numéro 710 où se trouve la maison qui a abrité pendant si longtemps le groupe le plus célèbre de la ville, le Grateful Dead. En contemplant l’architecture baroque de cette maison, je ne peux qu’imaginer tous les moments délirants qui s’y sont passés. Imaginez, que lors de la descente de police, fin 1967, celle-ci a trouvé plus de 200kgs de marijuana et 500 pilules de LSD. Est-ce cette pensée ou le simple hasard, j’étais loin de m’imaginer que ce qui allait suivre me ferait vivre des moments qui, 42 ans après, sont toujours intacts dans ma mémoire et que je souhaite vous faire partager.

La fatigue de la journée commence à se faire sentir. Je me dépêche d’aller prendre mon billet pour les « days on the green » des 9 et 10 octobre. Tower Records, situé sur Colombus avenue, et hélas aujourd’hui victime d’internet, était un magasin de référence, connu dans le monde entier. J’en parle d’autant plus facilement puisque à cette époque, je travaillais dans un magasin de disques Bordelais. Là, nous étions dans une dimension à l’américaine avec de véritables collectors proposés à des prix défiants toute concurrence.  Après avoir effectué quelques achats, je prends possession du précieux sésame. 12 $ par jour pour assister à un concert du Grateful Dead et des Who, c’est cadeau. Même s’il faut ramener le prix au niveau de vie de l’époque. Avant de quitter le magasin, mon regard s’arrête sur un journal local d’information de spectacles dont j’ai malheureusement oublié le nom et mes yeux se pose sur un petit encart : Tonight at « Shaddy Groove » Billy C Farlow and friends. Et c’est à partir de cet instant que ce séjour va basculer dans l’irréel pour le gamin de 20 ans que j’étais.

Billy C Farlow était le principal guitariste d’un groupe qui s’appelait Commander Cody and the lost planet airmen.  Il venait de sortir un album live, considéré, à juste titre, comme une merveille du country rock intitulé « Live from deep in the heart of Texas ». Dans notre magasin Bordelais, les autres vendeurs et moi-même avions tout de suite eu un coup de cœur pour cette production endiablée qui mettait littéralement le feu et que nous avions beaucoup de plaisir à proposer à notre clientèle. Je ne sais pas pourquoi, mais connaissant aux Etats Unis, la signification du terme « and friends », je me suis dit qu’avec un peu de chance, je ne pourrai qu’être agréablement surpris par l’identité des » friends » présents ce soir-là.

Me voici donc en début de soirée en train de prendre le bus sur Market street en direction du quartier du Lower Haight ou se trouvait le « Shaddy groove » (je me suis toujours demandé si ce nom avait été choisi pour rendre hommage à ce groupe Quicksilver Messenger Service ou évoluait le regretté John Cipolina, sans jamais avoir eu la réponse).   Ma principale angoisse était de savoir si j’allais pouvoir pénétrer dans ce lieu, car à l’époque la majorité en Californie était fixée à 21 ans et il me manquait 6 mois pour l’atteindre. L’entrée était gratuite et par chance, on ne m’a demandé aucun justificatif d’identité à l’entrée. Je me dirige vers le bar, commande une bière et attends que Billy C Farlow et ses « friends » se produisent.

 

Soudain les lumières s’éteignent et là, ce fut le choc, les « friends » étaient le Commander Cody en personne et tout son groupe des « lost planet airmen » avec entre autres Bill Kirchen et Andy Stein qui étaient venus répéter le nouvel album de la formation avant de l’enregistrer.  Un concert du Commander à San Francisco, devant à peine 50 personnes, imaginez un instant, ce que le gamin de 20 ans que j’étais et qui vendait les disques de ce groupe à 8000 kms de là, a pu ressentir devant ce spectacle.

George Frayne, alias Commander Cody, est, comme son alter ego texan Kinky Friedman, un personnage truculent. Chanteur, artiste peintre, cinéaste, et de plus doté d’une très forte personnalité qui le rend très charismatique.

Il est arrivé avec Billy C Farlow à San Francisco au tout début des années 70 et s’est très vite fait remarquer en participant avec brio au 1er album d’un groupe devenu célèbre « The New riders of the purple sage ». Les albums des débuts du groupe se sont très bien vendus et le style country rock californien de la formation avec ce petit grain de folie comptent de nombreux fidèles sur la baie.

Au bout d’une heure de show, le Commander annonce une pose de 15 minutes et passe à un mètre de moi en direction du bar. C’est le moment que je choisis pour l’accoster et me présenter : « Bonjour, je me prénomme Frédéric, je travaille dans un magasin de disques à Bordeaux en France et vends très régulièrement vos disques » Je n’oublierai jamais le regard que le Commander a posé sur moi. Il me prend littéralement dans ses bras, appelle Billy C Farlow et lui dit : » Billy, c’est incroyable, nous avons ici quelqu’un qui vend nos disques en France », puis se retourne vers moi, m’offre une bière et me dis »ne pars pas après le concert, nous avons une petite fête de prévue sur une péniche à Sausalito, tu es notre invité ». 

Vers 1h du matin, me voici donc à l’arrière d’une grosse voiture américaine en train de franchir le Golden Gate, en direction de Sausalito avec Commander Cody. La suite de cette soirée fût une succession de délires et de pur bonheur. Nous nous sommes retrouvés sur un bateau à l’état douteux, mais qui flottait sans problème, bien que craquelant de partout, à environ 30 personnes en comptant le groupe au grand complet. Les premiers pétards commençaient à s’allumer, il y avait des filles toutes plus belles les unes que les autres. Je commençais à discuter musique avec Billy C et Andy Stein et je pense qu’ils ont été très surpris qu’un petit Français de 20 ans soit aussi à l’aise pour parler musique. A un moment de la soirée, nous avons tous formé un cercle en se tenant par la main et chanté « Will the circle be unbroken », qu’interprétaient les pionniers quand ils traversaient la vallée de la mort lors la conquête de l’ouest.

Vers 6h du matin, épuisé et après avoir longuement salué le Commander et tous les musiciens, je profitais d’une voiture qui remontait sur San Francisco pour regagner mon hôtel, les yeux encore éblouis par ce que ce que je venais de vivre. Il me fallait être en forme car dès le lendemain 11h, je devais être à l’Oakland Coliseum pour le concert du Grateful Dead et des Who. Mais ceci est une autre histoire.

Samedi 9 octobre 1976 :

9h du matin, le téléphone sonne dans la petite chambre d’hôtel que j’occupe à Union Square, c’est le service du réveil. Pendant une dizaine de minutes, je reste cloué sur mon lit pour essayer d’évacuer les vapeurs d’alcool et la fumée des nombreux pétards de la soirée. Ma tête est encore pleine d’images de ces moments uniques. J’ai toujours été fasciné par le summer of love de 1967, tout en étant lucide sur le fait que celui-ci est terminé depuis bien longtemps, mais vivre des moments comme ceux-ci à 20 ans me font prendre conscience de la chance qu’est la mienne. La douche me permet lentement d’éclaircir mes idées et 1h après, me voici à nouveau dans le Bart, direction Oakland stadium ou m’attend une autre expérience : Le Dead et les Who, le tout organisé par le légendaire Bill Graham.

La jeunesse américaine de l’époque est à l’image de la ville de San Francisco extrêmement cool et se laisse aborder très facilement, d’autant plus que, bien que maitrisant à peu près la langue anglaise, ma pointe d’accent Français est plutôt bien perçue. La conversation s’engage donc facilement dans le trajet d’une petite demi-heure me menant à l’Oakland stadium et un fait m’interpelle très vite, la grande majorité du public est venue pour le Dead. Pour mieux comprendre, il convient de replacer l’histoire de ce groupe dans le contexte local et depuis mon petit bout de France, cette perception m’avait échappée. 

Le Grateful Dead et son leader, le guitariste Jerry Garcia sont de véritables icônes de la ville. A la base du summer of love, avec leurs concerts gratuits et en pleine rue, ils ont plus fait pour la renommée de San Francisco, que n’importe qui. Leur ancienne maison du 710 Ashbury Street est devenue un véritable lieu de pèlerinage. Des T shirts et des posters à leur effigie fleurissent aux coins de chaque rue. Les Who, véritables stars mondiales, qui les accompagnent ces 2 jours n’ont, aux yeux de ce public, qu’un simple rôle de faire valoir (vous verrez par la suite la manière dont ils ont réussi à retourner la foule en leur faveur). Mais restons-en pour le moment au Dead et à son public que l’on appellera les Deadheads. Les concerts interminables de parfois 5 heures, voire plus, en totale improvisation sous l’effet du LSD (Jerry Garcia est surnommé Captain trip) ont fascinés toute une génération d’Américains. C’est celle-ci qui a rendez-vous avec eux aujourd’hui. Dans le magasin ou je travaillais à Bordeaux, nous n’avions pas ou peu « accroché » avec cette musique qui n’est pas conçue pour les 30 petites minutes que durent les 2 faces d’un 33 tours et les ventes du groupe étaient plutôt faibles. L’occasion m’était donc donnée de vivre une expérience unique, celle d’assister à un concert d’un groupe légendaire dans sa ville et je dois avouer que cela m’excitait terriblement.

Vers 10h30, le Bart me déposait aux pieds de l’immense et imposant stadium d’Oakland. J’étais loin de m’imaginer à quels points ces 2 jours allaient m’ouvrir de nouveaux horizons musicaux.

Vu de l’extérieur, l’Oakland stadium procure une impression de gigantisme. En France, à cette époque, nous n’avions pas d’équivalent. Notre plus grand stade du moment (le parc des princes avec sa capacité de 50 000 personnes, le stade de France n’était pas encore construit) parait bien petit comparé à cette immense enceinte conçue pour le base ball et le foot US.  Pour ces « days on the green 8 et 9 », le billet à tarif unique de 12 $ vous laissait la possibilité de vous placer selon votre souhait. Je pénétrais donc dans cette enceinte avec l’excitation d’assister à un événement majeur. Les concerts organisés par Bill Graham avaient une telle réputation qui provoquait en moi cette curiosité. A peine assis sur la pelouse, je suis subjugué par l’originalité de la scène. D’un côté, le pont de Londres, de l’autre, le Golden Gate qui se rejoignaient avec de chaque côté de la scène, une cabine téléphonique, une américaine et une anglaise. Le symbole de la réunion des 2 ponts correspond parfaitement à la volonté de l’organisateur de réunir 2 types de musique qui semblent, au départ, relativement éloignées l’un de l’autre.

11h du matin précises, le stade est plein, nous sommes environ 40 000, Bill Graham monte sur scène :

« Ladies and gentlemen, please welcome The Grateful Dead »

Quelle ovation ! Mes yeux se portent tout de suite sur le guitariste, Jerry Garcia. Imaginez, j’avais une des légendes du rock américain à 30 mètres de moi. Un fait m’a immédiatement interpellé, le public connaissait les textes des chansons par cœur. Très vite, autour de moi, les premiers joints s’allument et circulent entre les travées et bien qu’ayant largement abusé la veille au soir de ces substances, je me laisse tenter. Un concert du Dead ne peut s’écouter et s’apprécier qu’en étant « stoned » me dit mon voisin. D’ailleurs, au bout d’une demi-heure, le bassiste du groupe Phil Lesch prend le micro et nous met en garde sur la qualité de lsd qui circule et nous recommande d’éviter d’en prendre. Pour ceux que cela intéresse, tous les concerts du groupe ayant fait l’objet d’un enregistrement, ces 2 jours n’échappent pas à la règle et vous avez la possibilité de vous procurer les CD sur le site du Dead.  Le concert débute donc par un standard du rock US repris, entre autres, par Elvis Presley « Promised land » et là, est-ce l’effet du joint, mais je ne le pense pas, je suis immédiatement séduit par le son de la guitare de Jerry Garcia, à la fois énergique, doux et sensuel, qui donne une atmosphère très particulière à ce rock si connu et je commence à percevoir pourquoi la musique de ce groupe est si liée à cette ville fantastique qu’est San Francisco. Le Dead est fait pour San Francisco et inversement.  Les standards du groupe comme «  Cassidy » et « Sugaree », s’enchainent les uns après les autres et le public devient de plus en plus en transe. La chaleur aidant, il fait plus de 25° en ce début octobre, les spectateurs des premiers rangs deviennent littéralement hystériques et pour un peu, on pourrait s’imaginer être à Woodstock. Plus le concert avance, plus je rentre dans leur musique, au point de me lever et de me mettre à danser, comme ensorcelé par la musique de ce groupe que je connaissais si peu.

Le concert avait déjà débuté depuis plus de 3 heures et je commençais à être tenaillé par la faim, je décide donc de me lever et d’aller savourer mon sandwich depuis le haut des gradins afin d’avoir une vision différente. De là, l’Oakland stadium donne encore plus cette impression de gigantisme et la vue sur la baie est saisissante. Bien que positionné en hauteur à plus de 200 mètres de la scène, le son est fantastique. Je décide donc, de terminer le concert à cet emplacement, plus calme que la fosse et qui m’a permis de récupérer des forces, car l’après-midi était loin d’être terminée.16h, dernière note de musique de Jerry Garcia qui remercie la foule de sa venue. L’ovation est colossale et dure plus de 5 minutes. On se dit que le Who, qui vont leur succéder sont loin d’avoir gagné la partie après un tel show de près de 5 heures.

J’avais vu les Who pour la 1ère fois le 17 février 1974 à Toulouse et j’en gardais un souvenir fantastique. Non seulement, par le fait que c’était mon 2ème véritable grand concert, après celui de Jeff Beck, Tim Bogert et Carmin Appice à Bordeaux, mais aussi et surtout parce que j’avais pris une claque monumentale en cet après-midi toulousaine. Le groupe venait de sortir «  Who’s next » et commençait à présenter sur scène son nouvel opéra rock «  Quadrophenia » qui connut le triomphe dès sa sortie, l’année suivante. C’est donc avec une immense excitation que j’attendais leur prestation après le triomphe du Grateful  Dead, avec aussi une petite part d’anxiété, car la sortie, entre temps, du plus que moyen » Who by numbers » en avait inquiété plus d’un et puis j’avais une immense interrogation sur l’accueil du public, comme évoqué précédemment.   Il fallut une bonne heure pour que les roadies installent le matériel et puis à 17h, le téléphone sonna dans la cabine londonienne installée sur le côté droit de la scène. Bill Graham décrocha et dit « Who is this, « et une voix avec un formidable écho qui résonnait dans tous les hauts parleurs à travers le stade dit : « THE WHO »

Pete Townshend vêtu avec sa combinaison blanche de peintre qu’il portait à Woodstock prit sa guitare et entama les premiers riffs « Can’t explain ». En ce jour d’anniversaire de leur regretté bassiste John Entwhistle, je compris tout de suite que le groupe était venu avec l’intention de renverser la table. Pete sautait de partout avec sa guitare, Roger Daltrey jonglait, comme de coutume, avec son micro, Keith Moon frappait de plus en plus fort avec sa batterie et John Entwhistle était, fidèle à lui-même, impassible avec sa basse, même quand il nous chanta « Boris the spider ». Preuve que le groupe était venu frapper un grand coup, la set list était articulée autour des albums « Tommy, Who’s next » et « Quadrophenia » avec au milieu quelques anciennes chansons comme « the kids are alright » et le divin « Join together ». C’est d’ailleurs ce morceau qui fit prendre une dimension particulière à ce concert et qui fit littéralement lever les 40 000 personnes de leur siège sur lequel, elles n’allaient d’ailleurs plus s’asseoir. Suivirent ensuite, les extraits de Tommy « Pinball Wizard, et le fabuleux « see me, feel me » repris en chœur par toute l’assistance. Le groupe venait, à ce moment-là, de gagner une partie qui était loin d’être acquise 1 heure auparavant.  

Impossible de pas terminer un concert des Who par « won’t get fooled again », c’est encore le cas aujourd’hui et ces 2 concerts de San Francisco n’ont pas échappé à la règle. 

Sur le final, Pete nous gratifia d’un saut d’anthologie avec sa guitare à tel point que l’espace d’un instant, j’ai cru qu’il allait renverser Roger et l’inégalable Keith Moon qui à mes yeux reste le plus grand batteur rock de tous les temps, décida de renverser sa batterie. Etait celle-là qui fut utilisée pour le concert du lendemain, j’en doute, mais je n’aurai jamais la réponse à cette interrogation.

Pour ce concert, j’avais abandonné d’entrée mon confortable siège des gradins que j’occupais à la fin de la prestation du Dead pour revenir au plus près de la scène. Bien m’en a pris, car pour apprécier à sa juste valeur un tel séisme, il vaut mieux être dans les premiers rangs.

19h, la nuit commence à tomber sur la baie. Le coucher de soleil est magnifique, je quitte lentement le stadium d’Oakland, les yeux remplis de souvenirs qui sont encore aujourd’hui gravés dans ma mémoire en me disant : « Demain dimanche, je remets cela, serai-je en état d’apprécier ? » Mes heures de sommeil étaient particulièrement restreintes depuis New Orleans et The Eagles le jeudi, je commençais à m’endormir dans la rame du Bart qui me ramenait sur Union Square.

 Arrivé à mon hôtel, je m’affalais sur le lit et m’endormit sans diner. A votre avis, de quoi ai-je bien pu rêver durant cette longue nuit ?

10 octobre 1976 :

Ce satané service du réveil de l’hôtel fait résonner le téléphone dans ma chambre, comme la veille à 9h du matin.  La fatigue accumulée dans les jours précédents se fait cruellement sentir. Mais revoir, une dernière fois en concert Le Dead et les Who,  dans la douceur d’une journée d’automne californien suffisent sans problème à me tirer du confort d’un lit ou j’étais pourtant si bien. Et puis, demain le retour en France s’annonce avec une escale d’une journée entière à New York city, il s’agit donc de profiter à fond de ces derniers instants.

J’ai toujours été partisan quand un groupe se produit 2 soirs de suite dans un même lieu d’assister aux 2 concerts et cela s’est encore confirmé en cette année 2017, avec les shows d’Eric Clapton au Royal Albert Hall de Londres. L’intérêt, pour le modeste amateur de rock que je suis, est évident puisque cela me permet de vivre le concert différemment, car sachant la majeure partie de ce qui m’attend et dégagé ainsi d’un certain côté émotionnel, mon attention se porte sur des détails que je n’avais pas relevé la veille me permettant ainsi d’apprécier encore plus la qualité du show.

Me voici donc, à nouveau, dans le Bart, direction l’imposant Oakland stadium. Ces 2 jours, ont dû garnir le portefeuille de Bill Graham, qui a toujours su garder les pieds sur terre et qui avait d’ailleurs, une redoutable réputation d’homme d’affaires à l’image aujourd’hui du leader d’Eagles Don Henley. 40 000 personnes remplissent à nouveau le stade en ce dimanche ensoleillé quand Bill Graham nous demande d’accueillir le Grateful Dead, en nous souhaitant de passer un excellent dimanche.

Cette fois ci, je choisis de m’installer pour les 5 heures du concert du Dead dans les confortables sièges des gradins. Si le répertoire interprété par les 2 groupes est sensiblement le même, il est à noter que le Dead a fait preuve d’innovation en changeant l’ordre des morceaux et en en rajoutant quelques perles, comme le délicieux « El Paso », « Sugar Magnolia »et a conclu son concert par « Johnny B Goode » du légendaire Chuck Berry.  Le public, venu comme la veille, essentiellement pour lui, lui en sera très reconnaissant et Les Who, dont le show était identique à celui du samedi, se le virent reprocher ouvertement par une partie de l’assistance et par certains journalistes dans leur compte rendu du lundi. Comme la veille, j’assistais au show des Who sur la pelouse de l’Oakland stadium et en m’infiltrant au milieu des morceaux, me suis retrouvé à 10 mètres de la scène. Je me souviendrai toute ma vie de l’expression de Keith Moon fracassant sa batterie et était loin de me douter qu’il s’agissait de son avant dernier concert aux Etats unis avant sa tragique disparition.

Dans le trajet du retour, dans ce wagon du Bart qui me ramenait sur Union Square, j’étais en train de me demander si un jour dans ma vie, j’aurai l’occasion de vivre un moment comme celui-là. La réponse est venue 39 ans après et c’est Eric Clapton en personne qui me l’a donné avec ses concerts au Royal Albert Hall. Mais ceci est une autre histoire.

                                                                                                   Frédéric.

 

Grateful Dead 2

Dead 3

who dead vs6

who dead vs3

 

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19 février 2018

David Crosby et le retour de CSNY: Devons nous y croire ?

Dans une toute récente interview accordée au magazine « Rolling Stone », David Crosby n’a pas fermé totalement la porte à une éventuelle réunion de Crosby Stills Nash and Young, mais de manière plus surprenante a complétement écarté la possibilité d’une réunion du trio Crosby Stills and Nash. Si, bien sûr cette annonce peut être considérée comme une excellente nouvelle pour tous les amoureux de ce groupe légendaire, il convient cependant d’être extrêmement prudent avant de se réjouir pour de quatre principales raisons.

En premier lieu, pour le motif officiel de cette réunion puisque celui-ci ne concerne nullement la musique, mais la politique. En effet, il s’agirait pour le quatuor de manifester leur opposition à Donald Trump. La seconde réticence est que, à ce jour, seul David Crosby a émis cette hypothèse. Si ce genre de démarche peut surtout effectivement intéresser Neil Young, il est loin d’être évident que, à leur âge, Graham Nash et surtout Stephen Stills souhaitent s’embarquer dans ce type de tournée « provocatrice ».  Le troisième motif de scepticisme porte essentiellement sur la nature des relations entre David Crosby d’un côté et Neil Young et Graham Nash de l’autre. Chacun connait l’histoire de la rupture entre Crosby et Nash depuis maintenant plus de deux ans. Les chemins des deux hommes ne se sont jamais recroisés depuis et les paroles furent particulièrement virulentes montrant ainsi à quel point le ressentiment les opposant reste entier, interdisant de ce fait tout espoir de réunion. La quatrième et dernière raison est que Neil Young n’a guère montré d’intérêt à cette proposition de réunification, d’autant plus que le contentieux l’opposant à Crosby est toujours le même après les propos désobligeants tenus par Croz sur sa femme.

Bien sûr l’idée de revoir une ultime fois le quatuor magique sur une scène est certainement un des rêves de tous les amoureux de la musique seventies, mais au moment ou sont rédigées ces quelques lignes, il convient surtout de ne pas se réjouir trop vite tant certaines annonces de ce type, nous ont fait, dans un passé récent, redescendre très vite de notre nuage.

                                                                                                                                            Frédéric.

Ps : Ce blog va prendre, comme beaucoup d’entre vous, une petite semaine de vacances. Néanmoins, il continuera à être actualisé avec un récit sur mon séjour passé à San Francisco en octobre 1976 à l’occasion des concerts du Grateful Dead et de The Who, qui, je l’espère, séduira tous les nouveaux lecteurs.

Nous reviendrons ultérieurement sur la disparition de Didier Lockwood.

Crosby Stills Nash and Young Live at Fillmore East 1970

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17 février 2018

Le bonus du week-end: Buster Benton !

Il était un des symboles du blues de Chicago, bien qu’il soit né en Arkansas. Laissez vous bercer par la guitare et la sublime voix de Buster Benton.

Une nouvelle fois, merci Vincent !

Excellent week-end musical à tous.

                                                                                                                               Frédéric.

Ps : Vous souhaitez visionner en intégralité et en avant- première, l’intégralité du film consacré à la vie d’Eric Clapton « life in 12 bars », cliquez sur votre clavier :

www.ericclaptonandfriends.com

Vous y trouverez aussi, dans sa partie forum, l’intégralité de l’histoire du groupe éphémère PACIFICO avec un morceau de près de 19 minutes auquel participa Eric Clapton qui comblera tous les puristes de ce blog.

Buster Benton - Money Is The Name Of The Game (Kostas A~171)

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16 février 2018

Tommy Talton "Somewhere south of Eden": Ce guitariste du sud à découvrir !

C’est certainement un des meilleurs guitaristes du Sud, mais aussi un des moins connus, alors que paradoxalement, il a joué à ses débuts avec un groupe que vous connaissez tous : Allman Brothers Band, avant de fonder quelques années plus tard, avec son ami Scott Boyer, le groupe Cowboy qui remporta un grand succès dans la décennie 70, sans pour autant délaisser les nombreuses sollicitations que lui adressaient régulièrement les membres des Allman Bros pour effectuer quelques piges, que ce soit en studio ou dans le cadre de tournées.

Mais c’est en 2008 que Tommy Talton, puisque c’est de lui dont nous parlons aujourd’hui, renversa littéralement la table avec un album enregistré en public « Live notes from Athens » ou des solos de guitare épiques firent littéralement frissonner de plaisir tous les amateurs du genre. Cantonnant essentiellement ses apparitions dans les états du Sud, mis à part quelques concerts au BB King blues club de New York, Tommy Talton restera longtemps éloigné des chemins des studios après cette réussite. Il nous est cependant revenu au mois de novembre dernier avec son nouvel album « Somewhere south of eden » qui allie tous les styles musicaux traversés par notre guitariste dans sa longue carrière. Ce nouvel disque nous offre en effet toute la panoplie de son talent, car la guitare de Tommy Talton est aussi bien à l’aise dans les morceaux à forte consonnance bluesy ou country que jazz tel que l’abordaient les Allman Brothers Band de la grande époque. Sa voix est aussi capable de nous charmer et de nous séduire avec de superbes ballades comme ce « When I fall asleep again », seul extrait sonore disponible en entier sur la toile et proposé à la fin de cet article.

Assez curieusement, l’album, bien que sorti en novembre dernier, est assez difficile à se procurer sous forme de CD ou de vinyle, la maison de disques privilégiant le téléchargement, ce qui est fort dommageable pour tout collectionneur qui se respecte, néanmoins Amazon USA vous le propose à un tarif extrêmement compétitif puisqu’il vous reviendra à moins de 20€ port compris.

N’hésitez pas à franchir le pas pour découvrir ce guitariste méconnu dont la musique mérite largement le détour. Un peu à l’image de ses voisins de l’Arkansas, les frères Cate, Tommy Talton est le parfait reflet de ces états du Sud de l’Amérique qui ont produits tant de bons musiciens.

                                                                                                                                           Frédéric.

tommy talton

When I Fall Asleep Again

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15 février 2018

Blodwin Pig: Un groupe bien trop vite disparu !

Qui était mieux placé que lui pour nous conter l’histoire des débuts de ces groupes qu’il a eu le privilège de côtoyer dans ce Londres des sixties qu’il nous a décrit avec tant de talent ? C’est donc, avec un immense plaisir, que je vous laisse une nouvelle fois avec la superbe plume de notre ami Claude.

 

                                                                                                                         Frédéric.

 

 

Blodwin Pig ça vous dit quelque chose ? J’en doute. On va y revenir… mais, si c’est le cas, alors là bravo, vous faites partie sans aucun doute du club des vétérans !

Et “This Was” ? Encore moins ? Et pourtant il s’agit-là du tout premier LP de Jethro Tull, un opus blues-rock grâce auquel la flûte (traversière) fait une entrée remarquée dans le petit monde du british blues. Aux commandes, un grand échassier ébouriffé à la voix nasillarde, éructant, grognant et soufflant dans sa flûte, j’ai nommé Ian Anderson, et un guitariste de talent, Mick Abrahams qui, déjà, à l’époque, n’avait rien à envier à Clapton et consorts.

A chacun son truc ou plutôt son petit succès : “A Song for Jeffrey” pour le premier, “Cat’s Squirrel” pour le second, dont l’interprétation époustouflante surpasse pour nombre de spécialistes du genre la version de Cream.

L’album “This Was”, produit en octobre 1968 par Island Records, figurera 17 semaines dans les charts. Une sacrée performance qui, paradoxalement scelle la rupture entre Abrahams et Anderson.

En effet, au blues conventionnel prôné par le guitariste, le flûtiste leader du groupe ne tardera pas à opposer ses influences jazz, folk et sa passion pour la musique celtique.

Un genre musical auquel Abrahams ne souhaite pas adhérer.

Il quitte alors le Tull et réussit à joindre par téléphone une connaissance, un certain Jack Lancaster, alors aux Bahamas avec le groupe Sponge, saxophoniste (et flûtiste) de talent, acteur incontournable de la scène rock-jazz british. Il lui fait part de sa décision de former un nouveau groupe et lui annonce le recrutement de Andy Pyle (bass) et de Ron Berg (drums), garants d’une solide section rythmique. Lancaster accepte. Ainsi naquit Blodwin Pig,

Exit donc le héron funambulesque, place au cochon déjanté…

 

Après la publication d’un single (“Dear Jill”/“Sweet Caroline”) annonciateur des desseins musicaux de Mick Abrahams, Blodwin Pig signe un premier LP en août 69, “Ahead Rings Out”, sous le label Island (tiens donc !) dont le contenu, d’obédience blues-rock mais teinté d’une pointe de rock progressiste et de jazz sous l’influence de Lancaster, se démarque de la production habituelle des groupes à succès de l’époque.

La pochette sur fond rose ornée de la tête de cochon, un anneau dans le groin, clop au bec , lunettes de soleil et écouteurs restera gravée dans les mémoires. Toujours est-il que l’album s’attire les louanges de la critique aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis et entre dans le top dix des charts.

Un deuxième suivra en avril 70, “Getting To This”, qui atteindra la huitième place dans les classements britanniques. Le titre phare de l’album, “See My Way”, sera plébiscité.

Des breaks percutants, saccadés à souhait, la voix claire, harmonieuse d’Abrahams emportent l’adhésion.

Blodwin Pig ne survivra pas à ce succès pourtant amplement mérité.

Lancaster et Abrahams divergent peu à peu musicalement, le premier voulant imposer son orientation musicale axée sur le jazz (ce qu’il fera avec le Lancaster’s Bombers qui prendra la suite du Pig) et le second souhaitant continuer une musique puisant ses racines dans le blues-rock mais avec une totale liberté d’improvisation.

Abrahams jette l’éponge, sort peu après un album solo et continuera à tourner avec le terme Band accolé à son seul nom.

Ayant eu la chance de voir ces deux groupes sur scène, à leurs débuts et quelque temps après, je reste persuadé que le succès de Jethro Tull première mouture, reposa essentiellement sur le charisme de son leader Ian Anderson de même que sur le jeu à la fois raffiné et percutant de Mick Abrahams. Mais, à n’en pas douter, la grande force de la formation c’était cette fichue flûte assurant le tempo, inattendue, déroutante pour ne pas dire décapante.

L’approche de Blodwin Pig était, elle, beaucoup plus traditionnelle mais ô combien efficace. Les impros au sax de Lancaster, l’indéniable talent d’Abrahams et ses envolées à la guitare, tranchantes mais parfaitement contrôlées, vous transmettaient sans tarder le frisson tant espéré. Une sorte de déclic apte à vous procurer le sentiment que vous vivez là un moment d’exception.

Dommage que Mick Abrahams n’ait pas jugé bon de rebondir tant qu’il était encore temps et ce, malgré quelques tentatives avortées. Toujours est-il que son style musical est aujourd’hui encore unanimement reconnu et apprécié.

Pour la petite histoire, rappelons que Jethro Tull est un nom hérité de l’inventeur anglais au 18ème siècle, du semoir des paysans.

Pour Blodwin Pig c’est beaucoup plus compliqué et je n’ai pas encore trouvé à ce jour de réponse satisfaisante. Toujours est-il que Blodwin est le nom d’une fleur blanche (sacrée paraît-il) du Pays de Galle mais aussi un prénom féminin assez usité en ces contrées. Alors… notre sympathique cochon ne serait-ce pas plutôt une truie ? La question reste posée !

 

                                                                                                                          Claude.

 

Blodwyn Pig

Blodwyn Pig - Summer Day

 

 

 

 

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14 février 2018

Don Bryant "Don't give up on love": A 74 ans, la soul à son sommet !

Sorti en mai 2017 et passé relativement inaperçu, cet album aurait dû, en toute logique, être consacré parmi les plus belles réalisations de l’année, s’il avait bénéficié d’une promotion digne de ce nom et surtout largement méritée, tant son écoute est un véritable séisme pour tout amateur de soul music. Car, n’en doutons pas, le deuxième album signé par Don Bryant et intitulé « Don’t give up on love » à 74 ans (oui, vous avez bien lu) est un monument digne des plus grandes réalisations du genre et ne dépareillerait nullement dans toute bonne discothèque au côté d’un Otis Redding, d’un Curtis Mayfield, d’un Al Green, d’un Marvin Gaye ou bien des Temptations de la grande époque tant il sonne seventies et aurait fait le bonheur de nombre DJ de l’époque, s’il était sorti dans cette période dorée pour la soul.

Ceux-ci avaient pourtant passé sans le savoir une de ses plus célèbres compositions « i can’t stand the rain », morceau offert à celle qui allait devenir son épouse Ann Peebles et qui allait faire un malheur dans toutes les discothèques. Mais il serait extrêmement réducteur et surtout désobligeant pour Don Bryant de limiter son apport à la musique à ce seul titre. Car, c’est avant tout dans l’ombre que notre chanteur et compositeur a passé la plus grande partie des dernières décennies puisqu’il fût la principale plume du célèbre label Hi records (spécialisé dans la soul des seventies).

La fraicheur et la puissance de la voix vous saisit dès les premières notes du morceau d’ouverture pour ne plus lâcher un seul instant, car ce disque, malheureusement bien trop court (à peine 38 minutes), constitue un véritable uppercut vous ramenant des années en arrière du temps de la grande époque de la Stax ou de la Motown. Avec la voix exceptionnelle de Don Bryant, ne laissant nullement apparaître qu’elle sort du corps d’un homme de 74 ans, vous allez être bercé par des compositions à la fois débordantes de swing et romantiques, le tout magnifiquement accompagné, en particulier par la section cuivre des Allman Brothers Band et la Hi Rythm de Al Green.

Avec « don’t give up on love », Don Bryant signe un album hors du temps et un véritable hymne à la gloire de la soul music. Il serait vraiment regrettable de ne pas découvrir ce dont est capable ce jeune homme de 74 ans. Après tout, il n’est jamais trop tard pour débuter.

                                                                                                                                        Frédéric.

Don Bryant - How Do I Get There?

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13 février 2018

Eric Clapton and friends: Le site en Français attendu depuis si longtemps !

Ainsi donc, il l’a fait et mérite un immense coup de chapeau et aussi beaucoup de respect pour le cadeau qu’il nous offre à partir d’aujourd’hui. D’ailleurs qui d’autre que lui aurait été capable de créer un tel site ? Bien peu de monde à mon avis. Pour avoir suivi toutes les étapes depuis ses premiers balbutiements jusqu’à sa conclusion, je ne peux qu’être admiratif devant ce que Jean Claude nous propose et qui va surement combler de joie tous les inconditionnels de notre cher Eric Clapton.

Longtemps, nous avons été nombreux à souhaiter trouver sur la toile un site en Français, digne de ce nom, consacré intégralement à Slowhand. Quelques tentatives avaient déjà été réalisées, sans nous apporter tout ce que nous attendions du fait du manque total d’actualisation régulière. En tapant www.ericclaptonandfriends.com sur votre ordinateur, vous allez non seulement prendre connaissance de l’actualité quotidienne de notre cher guitariste, mais aussi et surtout, pouvoir découvrir une multitude d’informations précieuses sur toutes ses réalisations qu’elles soient discographiques ou cinématographiques ainsi que sur tous les ouvrages qui lui ont été consacré. Mais pour mener un tel projet à bien, il était indispensable que son créateur soit, non seulement un maître incontesté sur tout ce qui concerne Eric Clapton, mais aussi et surtout qu’il possède suffisamment de talent pour être en mesure de porter jusqu’à son terme une si ambitieuse réalisation. Des connaissances sur la musique du maître et du talent me dîtes vous ? Cela tombe bien, Jean Claude en possède à en revendre. Je vous laisse donc le plaisir de naviguer au milieu de toutes les rubriques et de découvrir par vous-même ce qu’il vous a préparé. Il est d’ailleurs certain que nos chemins se croiseront régulièrement sur le forum ou bien sur le tchat destiné à des débats enflammés et passionnés.

Bien sûr, soyez rassuré, ce blog continuera aussi, à sa manière, d’évoquer notre cher guitariste, mais aussi de couvrir toutes les musiques qu’elles soient blues, rock, jazz, folk ou country. C’est d’ailleurs sa vocation initiale et celle-ci perdurera.

Tous mes vœux de plein succès à www.ericclaptonandfriends.com et encore et surtout, un immense merci adressé à Jean Claude pour cette formidable réalisation.

                                                                                                                                      Frédéric.

clapton

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12 février 2018

Bob Seger "I knew you when": Son meilleur album depuis 10 ans !

Depuis quand un album studio de Bob Seger n’avait exercé un tel pouvoir de séduction sur mes oreilles, pourtant bien rodées à la musique du rocker de 72 ans, originaire de Detroit ? Il faut sans doute remonter à la sortie du fameux « Against the Wind » ce qui hélas ne nous rajeunit guère. Car cet album, sorti en novembre 2017, est sans nulle doute une superbe réalisation qui nous fait encore plus regretter la non venue de Bob Seger en Europe, une fois sa tournée américaine reprise et achevée, après une longue interruption due à des problèmes cervicaux.

Avant tout, sachez que si cet album vous est chroniqué si tardivement, c’est dû à un incroyable concours de circonstances, du au site de l’artiste qui vous demande beaucoup de patience pour la réception de votre commande. Il est en effet incroyable de nos jours qu’une commande passée le 15 décembre vous parvienne dans votre boîte aux lettres le 1er février. Mais tous ces petits soucis sont vite oubliés dès lors que l’album est posé sur vos platines. Car ne nous y trompons pas avec « I knew you when », Bob Seger vient de signer une œuvre majeure valant largement le faible investissement demandé. Sortant du registre ballades country de son dernier album pour lequel sa voix n’est guère adaptée, notre rocker effectue un véritable retour aux sources avec un disque aux sonorités très rock démontrant à 72 ans, une capacité de création remarquable en signant 11 des 13 chansons. Et lorsque l’on parle de rock puissant, notre rocker de Detroit en est un maître incontesté et surtout incontestable du genre. Remarquablement entouré de musiciens brillants, avec en particulier une section cuivre exceptionnelle, il vous emmène pendant plus de 52 minutes dans des rocks torrides ou sa puissante voix prend littéralement toute sa dimension.

La puissance dégagée par cet album est telle qu’il pourrait être tout à fait être considéré sans crainte comme l’équivalent studio du fameux « live bullet » que tout amateur de rock se doit de posséder dans sa discothèque. Il se conclue magnifiquement dans sa version Deluxe par un hommage à son ami Glenn Frey de The Eagles, disparu bien trop tôt et qui du paradis des musiciens ou il se trouve doit écouter cette œuvre superbe dont il serait vraiment dommage de se priver.

                                                                                                                                                Frédéric.

 

Bob Seger - Busload of Faith (Audio)

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10 février 2018

Le bonus du week-end: Curtis Mayfield "Move on up"

Avant qu’elle ne soit engloutie par la vague disco, au milieu des années 70, la soul music nous avait auparavant offert de véritables pépites comme ce « Move on up » du regretté Curtis Mayfield qui fit danser tant dans monde dans les bonnes discothèques.

Excellent week-end musical à tous.

                                                                                                                          Frédéric.

Curtis Mayfield - Move On Up

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