BALLAD into BLUES,ROCK and FOLK of the Seventies

21 février 2019

Les coups de coeur de l'hiver: 14) Doc Watson dans "Summertime"

Sorti en 1975, l’album « Elementary » du regretté Doc Watson, remporta un certain succès dans notre pays, avec des ventes se dirigeant, de manière un peu surprenante, vers un public légèrement différent de son audience traditionnelle, lui apportant la reconnaissance que son talent méritait largement. « Elementary », compagnon idéal au réveil, est un pur bijou qui comblera non seulement les amateurs de « picking » (habituel public de notre guitariste), mais qui, surtout saura l’élargir par sa chaleur et son climat ambiant ou la voix chaude de Doc Watson illumine les mélodies. Retrouvons le dans cette superbe version du « Summertime » de George Gershwin qui, je n’en doute pas saura même séduire un public peu porté sur cette musique.

                                                                                                                                       Frédéric.

Doc Watson - Summertime

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20 février 2019

Les coups de coeur de l'hiver: 13) Bad Company !

En cette période de congés hivernaux et ainsi que vous en avez pris l’habitude, ce blog fonctionnera pendant une dizaine de jours d’une manière allégée, tout en étant actualisé quotidiennement.

Eté 1974, c’était ma première visite dans cette ville incroyable qu’est San Francisco. Il me revient encore en mémoire l’omni présence sur Colombus Avenue, près de Tower Records, de ces panneaux géants demandant à ceux qui les regardaient s’ils laisseraient leur fille sortir avec quelqu’un de Bad Company, tout en présentant le premier et fantastique album d’un groupe offrant tous les atouts pour s’imposer au milieu des plus grands.  C’était le temps des promesses. La suite ne fut suivie que de nombreuses désillusions avec, en particulier, un fiasco retentissant au festival d’Orange en 1975 et une succession d’albums tous plus décevants les uns que les autres, exception faîte du remarquable « Live in Albuquerque ».

Aujourd’hui, Bad C°, sans Mick Ralphs, hospitalisé suite à une attaque suivie d’un AVC, semble vouloir reprendre le chemin des studios.  Que nous réservera cette réunion ? Il nous est bien difficile de faire un pronostic après tant de promesses non tenues. En attendant, la parution de cet album, replongeons-nous dans cette fabuleuse première réalisation avec cet explosif « Can’t get enough ».

                                                                                                                                     Frédéric.

Bad Company - Can't Get Enough (Lyrics in description)

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19 février 2019

Ces albums oubliés: 3) Le blues vu par Claude (2ème partie) !

4 – Elmore James / Something Inside Me (Bell Records – E.M.I., parution en 1968).

Compilation de titres enregistrés début 1960 et réédités en 66, 67 et 68.

“Quand Elmore chantait, il chantait fort et quand il jouait, il jouait fort”. Ces mots d’Odie Payne suffisent à décrire Elmore James tel qu’il était. Démesure est peut-être le terme qui qualifie le mieux sa musique. Un jeu de slide sauvage, une voix d’une puissance extraordinaire, un son reconnaissable entre mille qui a influencé un nombre considérable de bluesmen.

Elmore Brooks, de son vrai nom, né en 1918 dans le Mississipi – la terre du blues - à Richland près de Jackson, entame sa carrière dans les bars des villages de ce pays du coton en adoptant le style traditionnel du “bottleneck” du Delta. Sa rencontre avec Robert Johnson et Sonny Boy Williamson II sera déterminante. Désemparé après l’assassinat de Johnson qu’il considérait comme son maître, Sonny Boy le prend sous sa coupe. Il tourne avec lui et enregistre en 1951 “Dust My Broom”. Treize ans donc après la mort de son compositeur, ce titre navigue en tête des ventes de disques de blues grâce au feeling, à la voix puissante de son interprète et, ce qui est loin d’être banal, à l’amplification de sa guitare avec effets de distorsion dignes des groupes de rock des sixties.

Puis il part pour Chicago pour une tournée des clubs. Il y joue avec Junior Wells en 53-54 et rencontre Howling Wolf et Muddy Waters. Il enregistre de nombreux titres avec son great band, les Broomdusters (avec son cousin Homesick James à la rythmique) pour les Bihari Brothers et Chess, dont le célèbre “The Sky Is Crying”. Devenu l’un des ténors de la planète blues, Elmore peut voir venir… Victime d’une crise cardiaque (après plusieurs alertes durant sa carrière), il meurt en mai 1963 à l’âge de 45 ans.

L’épitaphe sur sa tombe résume le personnage avec force et éloquence : Elmore James, “King Of The Slide Guitar.

Ici, pas de “Dust My Broom” (devenu “Dust My Blues” en 1955) ni de “It Hurts Me Too” mais une magnifique composition qui est aussi le titre de l’album et les très convaincants “So Unkind” ou “Shake Your Money Maker”.

Un incontournable chaudement recommandé.

 

 

 

L’espace dévolu aux chroniques de l’ami Frédéric n’étant pas extensible à volonté, je m’en tiendrai là pour cette fois-ci.

Je vous recommande néanmoins l’écoute, et l’achat éventuel, des enregistrements suivants :

 

 

• Lightnin’ Hopkins / Ligntnin’ Strikes (Verve Folkways).

Enregistré en 1965 à Los Angeles.

Le maître de l’acoustique, un chanteur d’exception. Le feeling à l’état pur.

Il collait des capsules de Coca à ses semelles pour marquer le tempo !

Eddie Boyd / Eddie Boyd And His Blues Band (Decca).

Enregistré en 1967, produit par Mike Vernon.

Encore un pianiste du Mississipi me direz-vous… Oui, mais ce sont les meilleurs d’entre tous !

Accompagné par messieurs John Mayall, Peter Green, Aynsley Dunbar, John McVie et Tony Mc Phee.

 

•Eddie Boyd / 7936 South Rhodes (Blue Horizon).

Enregistré en janvier 1968 aux CBS Studios à Londres.

Accompagné par les Fleetwood Mac.

Excellent, tout simplement, comme le précédent.

 

• Howling Wolf / Big City Blues (Ember Records).

Enregistré en 1962, parution en 1966.

L’un des premiers avec T Bone Walker à électrifier sa guitare.

Une voix déchirante qui influencera certains groupes de hard rock.

 

• Roosevelt Sykes Sings The Blues / (ACE Records / Ember).

Enregistré en 1962 à Chicago avec Willie Dixon à la basse.

Corpulent, costumes élégants et chapeau sur la tête, gros cigare, natif de l’Arkansas en 1906, surnommé “Honeydripper”, il joue à la fois du boogie-woogie et du barrelhouse blues mais dans un style bien particulier, le Saint-Louis blues, style sophistiqué influencé par le jazz (cuivres). Memphis Slim, dont il fut l’accompagnateur à plusieurs reprises, s’en inspira.

On lui doit “44 Blues” (ou “Forty Four”), repris par Howlin’ Wolf.

A découvrir puis à savourer.

 

• Champion Jack Dupree / From New Orleans to Chicago (Decca).

Enregistré à Londres en 1967. Produit par… devinez qui… Mike Vernon, bien sûr !

Accompagné par John Mayall, Eric Clapton, Tony Mc Phee, Keef Hartley.

Excusez du peu !

 

 

Bonne écoute… à fond !

                                                                                         Claude.

Elmore James - Something Inside Of Me

 

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18 février 2019

Ces albums oubliés: 3) Le blues vu par Claude (1ère partie)!

Avant de fonctionner de manière un peu plus allégée pendant une dizaine de jours, à l’occasion de la période des vacances d’hiver, nous allons vivre, pendant 48 heures, un superbe voyage au pays du blues, dans le cadre de la chronique récemment ouverte « Ces albums oubliés » et bien sûr personne n’était mieux placé que notre ami Claude, grand et incontestable spécialiste de cette musique, pour nous proposer une sélection d’albums peu connus du grand public et qui, j’en suis certain, saura vous séduire.

Un grand merci à Claude pour son implication et aussi un immense bravo pour son talent d’écrivain (à quand la rédaction d’un livre nous contant tes connaissances et ton incroyable vécu, mon cher Claude ?).

                                                                                                                                  Frédéric.

A spoonful of true blues

 

 

Les prouesses, le talent de Freddie, Albert, BB, Muddy ou du phénomène Buddy, tout le monde les connaît. Inutile donc d’en rajouter. Place à ceux restés trop souvent dans l’ombre avant une juste reconnaissance, mais qui n’en demeurent pas moins des piliers du blues. Ils ont contribué à leur manière à façonner la longue histoire de ce genre musical né dans le sud des Etats-Unis au XIXème siècle.

Eux aussi ont marqué les esprits avec leur instrument de prédilection. Guitaristes, pianistes, chanteurs d’exception, ils sont dignes de l’admiration des puristes et du respect qu’ils suscitent et méritent amplement.

 

Exercice délicat que de choisir quelques pépites parmi une bonne cinquantaine d’albums originaux de country blues et de city blues à ma disposition. Ceux qui suivent constituent, de mon point de vue, des incontournables, des moments-clés de l’œuvre de ces musiciens de génie trop peu souvent considérés comme tels.

 

 

1- Robert Johnson / King Of The Delta Blues Singer (CBS Archive Series, parution en 1961, réédité par la suite chez Columbia).

Enregistré par Don Law (ami de l’artiste) en 1936 à San Antonio en studio improvisé dans une chambre du Gunter Hotel et en 1937 à Dallas dans les dépendances d’un immeuble de bureaux.

Peut être le meilleur disque de country blues jamais enregistré. Toute une génération de guitaristes de talent s’en inspira, dont un certain Clapton.

Johnson, natif du Mississipi, avait entre 25 et 26 ans à l’époque et faisait preuve d’une incroyable virtuosité lui donnant la faculté de jouer la rythmique sur les cordes graves de sa guitare tout en exécutant des solos (d’où la question que posa un jour Keith Richards : “quel est l’autre guitariste avec lui ? ”).

Le maestro de la “musique du diable” c’est lui. Et pour cause… La légende affirme, en effet qu’assez peu doué durant son adolescence, il aurait rencontré le diable à un croisement de routes (crossroads), lequel lui aurait transmis, après avoir accordé correctement sa guitare, les rudiments de sa musique. Et Robert de devenir un virtuose au grand étonnement de Son House, son guide spirituel.

S’il n’a pas inventé le blues (Son House ou Charley Patton popularisèrent le genre avant lui), il l’a pour le moins adapté à son style et structuré et ceci grâce à une technique hors du commun.

Musicien itinérant, errant de juke joints (bistrots) en coins de rue, bel homme de taille moyenne, svelte avec des doigts longs et fins, amateur de vin et friand de filles faciles, il finira sa vie à 27 ans, empoisonné par un mari jaloux.

“Crossroads Blues”, “Terraplane Blues”, “Walking Blues”, “Rambling On My Mind”, “Hellhound On My Trail” sont quelques-unes de ses compositions les plus célèbres.

Vous les découvrirez parmi seize titres, brutes de décoffrage, sur cet album accessible sur le web en réédition.

2Otis Spann / The Biggest Thing Since Colossus… (Blue Horizon, parution en 1969, produit par Mike Vernon).

Enregistré en janvier 1969 à Chicago aux Chess Ter-Mar Studios dans la foulée de l’album “Blues Jam at Chess” - produit également par le génial Mike Vernon - jam session entre Otis Spann, Willie Dixon, S.P. Leary et Shakey Horton accompagnés par… les Fleetwood Mac en tournée américaine à l’époque.

Un disque choisi ici pour son originalité et son excellent niveau. Et le “colosse” n’est sûrement pas le scarabée au centre de l’aplat rouge de la couverture mais bel et bien ce pianiste-chanteur natif du Mississipi, installé à Chicago depuis 1946, talentueux comme jamais.

Nombreux en effet sont ceux qui considèrent qu’Otis Spann n’a jamais aussi bien joué que lors de cet enregistrement, entouré de Peter Green, égal à lui-même, Danny Kirwan et John McVie. Notons au passage qu’il préféra conserver durant les sessions son ami et batteur habituel, S.P. Leary, à la place de Mick Fleetwood.

Il fut engagé comme pianiste par Muddy Waters en 1952 (il le suivra jusqu’en 1960) et poursuivra une carrière solo lui donnant la réputation d’être l’un des meilleurs pianistes de blues d’après-guerre. Spann semble ici galvanisé par le talent et la prestation des musiciens qui l’entourent. Un disque indispensable.

 

3 – Champion Jack Dupree / When You Feel The Feeling You Was Feeling (Blue Horizon, parution en 1969).

Enregistré aux CBS Studios à Londres le 22 avril 1968.

Seul un type du calibre de Mike Vernon, producteur et fondateur du label Blue Horizon, indissociable du British Blues Boom, pouvait avoir une telle idée et la mener à bien : réunir en 68 (avant l’apogée du british blues) dans un studio londonien un vieux briscard du blues, trois membres du jeune groupe de blues-rock Black Cat Bones (Paul Kossoff, Simon Kirke et Stuart Brooks), Stan Webb le guitariste de Chicken Shack et l’inénarrable homme-orchestre Galois (ici à l’harmonica), Duster Bennett. Ceci pour l’enregistrement de cinq titres de ce disque qui en comporte dix. Les cinq autres sont interprétés par “Champion” (vocal, piano évidemment, et drums !) accompagné de Christopher Turner à l’harmonica.

Pourquoi “Champion” me direz-vous ? Parce que, dès 1935 (sous l’influence Joe Louis) il décide de devenir boxeur. Après 107 combats et des Golden Gloves, d’où son sobriquet, il jette l’éponge en 1940 et retourne jouer son boogie-woogie blues dans des barrelhouses de Chicago jusqu’en 1959 où il rencontre Tampa Red et Big Bill Bronzy. Il part pour l’Europe en 60 (Suisse, Danemark, Suède) pour des questions raciales, s’établit en Angleterre puis à Zurich (où il épouse une jeune anglaise). Bien lui en a pris !...

Quant à Kossoff et Kirke, on assiste ici à une belle leçon d’humilité de leur part, avant d’aller, un peu plus tard, s’éclater au sein du groupe Free.

Un album original d’une rare qualité, l’aboutissement d’une rencontre inopinée et pourtant réussie entre deux générations, aussi talentueuses l’une que l’autre. A son écoute, on comprend mieux pourquoi Dupree était l’un des pianistes de blues préféré de ray Charles…

(La suite demain).

It Was A Big Thing

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16 février 2019

Le blues de Walter Trout: étape 3 !

Comme chaque semaine, Walter Trout nous propose de nous plonger dans l’histoire du blues au travers de ceux qui ont inspiré son nouvel album, qui soit dit en passant, fait l’unanimité des chroniqueurs du monde entier et qui, d’après les premières statistiques, recueille un immense succès auprès du grand public. Attardons-nous donc aujourd’hui, avec Walter Trout, sur Luther « Snake Boy » Johnson (30 août 1941-18 mars 1976) et compositeur de ce superbe « Woman don’t lie ».

 

Walter Talks About Luther “Snake Boy” Johnson and the Song: 

"Johnson was born in Davisboro, GA, where he started as a guitarist in gospel groups, but then gravitated toward the blues, and relocated to Chicago in the early 60s. Here he backed up Elmore James and Muddy Waters among others.

 He recorded his debut album in 1969 and released his final album the year he died as a thirty-four-year-old. I was attracted to the groove and the feel of this song. 

We decided to add a bit of funk to the original groove. We brought in the amazing vocalist Sugaray Rayford to help me sing this one."

 

Excellent week-end musical.

                                                                                                                           Frédéric.

Luther 'Snakeboy' Johnson - Woman Don't Lie

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15 février 2019

"Bizarre world of Frank Zappa's tour": assisteriez-vous à ce genre de concert ?

C’est une initiative pour le moins originale, mais terriblement discutable, qui vient de voir le jour pour une petite série de concerts aux Etats Unis et dans quelques pays Européens. Tenez-vous bien, le « Bizarre World of Frank Zappa’s tour »se produira avec une grande partie des musiciens ayant accompagné le célèbre guitariste vers la fin des années 70, comme Steve Vai, Ian Underwood, Napoleon Murphy Brook, mais surtout, pour une toute première fois au monde, avec l’hologramme de Frank Zappa.

A titre personnel, je ne sais pas trop quoi penser de cette initiative pour le moins déconcertante. Si, en France, ce procédé avait été mis en place, avec une certaine réussite, par un candidat lors de la dernière élection présidentielle, il est extrêmement difficile de pouvoir imaginer le rendu sur un concert de rock, car il existe un véritable fossé entre un meeting politique et un show.

Ayant eu le privilège d’assister à l’extraordinaire concert Parisien de 1977 de cette fameuse tournée de Frank Zappa, il m’est difficile de concevoir un tel concept. Quel résultat peut produire ce genre de concert ? Très franchement, il est totalement impossible de prévoir le rendu final. Eventuellement, le procédé peut intéresser les générations qui n’ont pas eu la chance de voir Frank Zappa sur une scène, mais arrivera t’il à provoquer l’adhésion de tous ceux qui ont été subjugués, à l’image de votre serviteur, par l’atmosphère unique qui régnait dans les concerts de ce génial guitariste, rien n’est moins sûr. Pour nous vendre le concept, la production nous affirme que le show est construit sur des concerts restés inédits s’articulant autour de la période 74/77.

A défaut d’assurer une réussite, il convient cependant de reconnaître et de saluer l’originalité du concept proposé. Personnellement, malgré tous ces arguments, il me serait difficile de réserver une place pour ces concerts, préférant de très loin, rester sur mes extraordinaires impressions. Le procédé sera-t-il renouvelé lorsque certains de nos artistes préférés nous auront quitté ? L’avenir nous le dira. Et vous, chers lecteurs, seriez-vous prêts à assister à ce genre de show ? Seriez- vous disposés à voir un concert des Stones avec l’hologramme de Brian Jones ou bien des Doors avec ceux de Ray Manzarek et de Jim Morrison ou encore celui de Jimi Hendrix ? Je suis impatient de connaitre votre avis.

                                                                                                                                 Frédéric.

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14 février 2019

Kinky Friedman: Le poète du Texas!

Parler de Richard Samet, plus connu sous le pseudonyme de Kinky Friedman auprès des amateurs de country music et plus précisément de country rock, n’est guère aisé.  Si je souhaitais résumer sa personnalité, j’associerais volontiers le personnage à George Frayne, alias Commander Cody, qui a déjà fait l’objet d’une longue chronique sur ce blog. Nous seulement, les deux hommes furent très proches au début de leur carrière musicale respective, mais celle-ci ne représente qu’une facette de la personnalité et du talent de chacun.

Mais attardons-nous sur le parcours de Kinky Friedman (je l’appellerai sous son pseudonyme pour faciliter la compréhension). Né en 1944, à Chicago, sa famille émigra très vite vers le Texas. Après des études couronnées par un doctorat de psychologie et un diplôme de l’académie des arts, il commença au début des années 70 à graviter dans la mouvance du country rock ou avec sa formation, il connut un succès tout relatif avec des chansons relativement engagées sur les droits de l’homme, avec cependant une touche d’humour telle qu’elle pouvait décontenancer ces premiers fans, par sa manière de tout tourner en dérision. En 1973, eut lieu la rencontre avec Commander Cody, très connu dans le monde du country rock de l’époque et qui le recommanda auprès des éditeurs de maisons de disques. Très vite, le succès frappa à la porte de ce grand amateur de cigares, au point que Bob Dylan décida de l’emmener dans la fameuse « Rolling thunder revue » en compagnie, excusez du peu de Joan Baez, Roger Mc Guinn et consorts. La voix si particulière, sachant passer de la tendresse d’une ballade aux délires folk/rock du Kinky Friedman commença à jouir d’une flatteuse réputation, au point que tous les artistes de country rock se l’arrachaient pour qu’il vienne enregistrer à leurs côtés.

En 1976, il signa pour le label Epic et sorti, un album à la pochette délirante, très « Panama Red » pour ceux qui connaissent, intitulé « Lasso from El Paso ». Cet album est considéré, à juste titre, comme une des œuvres majeures du country rock. Essentiellement composé par lui-même, il alterne les superbes ballades romantiques comme « Lady Yesterday » au délirant et loufoque, comme » Ahab the arab » avec des paroles très profondes, mais qui nécessitent pour les apprécier à leur juste valeur, une bonne connaissance de la langue anglaise. La liste des musiciens invités et prestigieux figurants sur cet album est littéralement impressionnante. Citons, entre autres, Levon Helm, Ron Wood, Rick Danko, Rusty Young, Roger Mc Guinn, Ringo Starr et aussi un ancien guitariste de blues qui se déguise actuellement en Père Noël. Je pense que vous conviendrez volontiers avec moi, que pour un disque de country rock, cette liste tient plutôt la route et que le personnage ne doit pas être démuni de talent pour drainer avec lui tout ce beau monde.

Par la suite, il laissa un peu de côté la musique, sans toutefois la laisser tomber complètement, pour se consacrer à sa deuxième passion, l’écriture. C’est ainsi qu’il rédigea une vingtaine d’ouvrages qui remportèrent beaucoup de succès, dans l’ensemble du pays et, en tout cas, bien au-delà de son Texas d’adoption au point que Bill Clinton le recevra régulièrement à la maison blanche. Ses romans traitent aussi bien de phénomènes sociétaux que d’histoire, en passant par des aventures policières.

Membre du parti démocrate, Kinky Friedman s’est également présenté au poste de gouverneur du Texas en 2010, mais dans un des états les plus républicains des Etats Unis, l’étiquette démocrate n’était pas une garantie de succès. Il fut donc battu, tout en restant très impliqué dans la vie politique de son état. 

La musique fait toujours partie, pour notre plus grand bonheur, de son univers, même si ses créations se font de plus en plus rares. Son dernier album n’est hélas que composé de reprises. Par contre, il effectue des apparitions scéniques régulières dans son Texas et régulièrement au BB King Blues club de New York.

Je vous incite vivement à l’écoute et à l’acquisition de « Lasso from El Paso ». Si comme moi, vous êtes attirés par les grandes plaines de l’ouest américain, je vous conseille de vous étendre sur votre canapé, de fermer les yeux et d’écouter « Lady yesterday », l’envol est immédiat.

                                                                                                                                                          Frédéric.

Kinky Friedman - Lady Yesterday

 

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13 février 2019

Ces albums oubliés: 2) le Southern rock vu par Jean Pascal

Grey Ghost by the Henry Paul Band at the 1979 Volunteer Jam

Comme promis, compte tenu du succès de cette chronique, vous trouverez aujourd’hui un nouveau volet de notre série « Les albums oubliés » avec aujourd’hui le Southern Rock, présenté par le grand spécialiste de cette musique, Jean Pascal, que j’accueille ici-même avec beaucoup de plaisir et que je remercie chaleureusement pour son implication mise dans la rédaction cette chronique.

Voici donc, proposé par Jean Pascal, une sélection qui je n’en doute pas, vous emmènera directement dans l’univers musical de ces fascinantes terres du Sud.

                                                                                                                   Frédéric.

                                A Necklace of southern pearls

 

Une petite sélection de groupes de southern rock pas ou peu connus dans l'hexagone, mais qui cependant valent le détour. Lorsque le nom d'un groupe est suivi d'un astérisque, cela signifie que j'ai posté un commentaire par le passé sur Amazon. Donc pour plus de renseignements sur l'enregistrement vous savez où aller !

Tous ces disques sont trouvables soit sur Amazon (le moins cher) sinon sur deux sites spécialisés dans le southern rock : « Compact Dixie » site français tenu par le spécialiste du southern en France Didier Demeslay . Sinon « Southern Records » en Allemagne, les deux sites se valent.  

 

 

1 : ROAD HAWGS* : Premier disque éponyme (1993) pour cette formation d'Atlanta qui pratiquait un southern-rock que je qualifierais de « Old School ». Inspiré de Lynyrd Skynyrd avec de très beaux duels de guitares harmonisées et un chanteur qui n'est pas sans rappeler Ronnie Van Zandt. Un second disque sorti en 1997 « Left Turn at Albuquerque » également recommandable.

 

2: BROTHERS OF THE SOUTHLAND : (2006) Un collectif de musiciens tous issus de diverses formations de southern rock , jugez plutôt : aux guitares Henry Paul (Outlaws) Steve Grisham ( Outlaws) Dan Toler (AllmanBB) plus Jimmy Hall (Wet Willie) Steve Gorman (Black Crowes) ect …..Que du beau monde pour un superbe disque , le seul hélas de ce collectif . De belles covers « Can't you see » du MTB, « Dreams » de l'ABB

 

3: STILLWATER* :  «  I reserve the right »une formation qui a enregistré deux remarquables opus chez l'illustre maison Capricorn . J'ai mis ici le second disque du groupe, à dessein car nous avons déjà parlé sur le blog du premier disque de Stillwater. A mon avis les deux se valent.

 

4: HOG JAW* : « Sons of the Western Skies » ( 2012) . Un excellent combo qui a déjà 5 disques à son actif, celui- ci étant le troisième. Southern rock tendance Blackfoot / Molly Hatchet. Bref c'est du brutal, mais ces lascars ne dédaignent pas ça et là quelques airs country rock, histoire de faire refroidir le moteur sans doute !

 

5: ALLIGATOR STEW : « Welcome to Monticello » (2003) Un groupe en provenance de l'Indiana donc pas vraiment du sud et trouve- t-on des alligators dans cet état ? J'en doute ! Qu'a cela ne tienne ce gang fleure bon le southern rock tout en s'affranchissant de certaines règles inhérentes au style. Mené par le burné et charismatique chanteur Gary Jeffries, ce live est plein d'énergie. Deux reprises du Creedence Clearwater et une de Bob Seger.

Gary Jeffries a sorti par la suite deux très bons disques en solo dont le superbe « Middle class Man »*

 

6: TAHOMA SOUL ALIVE :* Un groupe fondé en 2014 par l'ex leader de Rebel Storm . Un seul disque à ma connaissance. Son originalité, c'est une chanteuse qui assure les vocaux, chose suffisamment rare dans le southern-rock pour être signalé ! Beaux duels de guitares.

 

7: SOUTHERN THUNDER PROJECT * : « Full Throttle Heart » Encore un collectif, réuni autour de Gary Jeffries (ex Alligator Stew) . Sorti en 2015. On trouve les musiciens du groupe Otis, une excellente jeune formation de southern rock dont je vous recommande le premier opus éponyme sorti l'an dernier. Cela décoiffe ! Entre Blackfoot et le Dicky Betts Band .

8: MAMA'S PRIDE :  Autre groupe méconnu et portant ! Ce premier disque est sorti en 1975. Groupe du Missouri que l'on pourrait situer entre Outlaws et Lynyrd Skynyrd ; Excellent trio de guitaristes, un chanteur proche de Gregg Allman. Un autre album sortira en 1977 « Uptown and lowdown » tout aussi intéressant.

 

9: HENRI PAUL BAND : « Grey Ghost » (1979) Si vous aimez Outlaws qui ne pourrez que craquer sur le Henri Paul Band ! Pourquoi ? Parce que Henri Paul vient tout droit des Outlaws. Musicalement on est dans la droite ligne de son ancien groupe, on arrive même à se demander pourquoi Henri Paul a quitter les Outlaws pour faire quasiment la même chose....!   Harmonies vocales à tomber, guitares flamboyantes, une perle que ce disque.

 

10 : WINTERS BROTHERS *: Un premier disque éponyme sorti en 1976 et récemment réédité. Les frères Winters (avec un « s ») donc rien à voir avec les autres frangins....sont influencés à la fois par le Marshall Tucker Band et le Charlie Daniels Band.  On retrouve ici tous les canons du southern rock « old school ». Seul disque du groupe trouvable à un prix correct.

The Winters Brothers Band live at the Volunteer Jam in 1979

 

 

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12 février 2019

Nos chers cd et vinyles: la statistique qui fait mal!

C’est une statistique bien triste qui a été rendue publique en ce vendredi 8 février. Pour la toute première fois, l’écoute de musique en ligne a généré plus de revenus que la vente physique d’albums, que ce soit sous forme de CD ou de vinyles. Oui, cette statistique est une bien mauvaise nouvelle pour l’amateur de musique, car elle met en avant un style d’écoute correspondant parfaitement à la pauvreté de la production actuelle. Car les « Spotify » et autres sont, en tout cas à mes yeux, les véritables fossoyeurs de la musique en proposant leur système d’écoute illimité sur des supports dont la qualité sonore est à des années lumières de ce qu’est en droit d’attendre l’amateur de musique, comme par exemple un smartphone. Et surtout, essayez donc de demander à « Deezer et consorts » de vous indiquer le nom de celui qui joue de la basse ou de la slide sur le troisième morceau d’un album, ou encore le nom de la choriste présente sur le 4éme morceau de la face 2 ou bien de vous signaler celui du studio où le disque a été enregistré et à quelle date !

Aller acheter un album, sous la forme d’un support de cd et surtout de vinyle, est une véritable fête et constitue, à mes yeux, un bel acte militant. Il récompense l’artiste de son travail et une fois celui-ci posé sur notre chaîne, que notre plaisir est grand de pouvoir le découvrir sereinement en s’attardant sur la foule de renseignements sur ses conditions d’enregistrement fourni par le livret du cd ou bien par la pochette du vinyle. Justement, revenons un peu sur celle-ci qui constitue parfois de véritables œuvres d’art, au point qu’elle est souvent assimilée intégralement au disque et donc totalement indissociable comme par exemple, celle du premier album de King Crimson. Ecouter ce disque sur ces satanées plateformes constitue non seulement un massacre, mais aussi un contre sens musical profond.

Heureusement, tout n’est pas que noir dans ces statistiques rendues publiques la semaine dernière, puisque nous apprenons avec satisfaction que les ventes de vinyles ont augmenté de 12% en 2018. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre compte du nombre croissant de magasins, tenus souvent par des passionnés, qui s’ouvrent un peu partout tous les jours dans notre pays et aussi de la multiplication des salons du disque ou peuvent se rencontrer les collectionneurs.

Il ne nous reste qu’à souhaiter que cette tendance pour le vinyle perdure. La sauvegarde de notre passion passe par là.

                                                                                                                 Frédéric.

paris loves vinyl

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11 février 2019

Billy Cobham: le surdoué de la batterie !

C’est, de manière incontestable, un des batteurs les plus doués des cinquante dernières années. Son parcours, depuis ses débuts avec Miles Davis, en passant par sa participation au sein du Mahavishnu Orchestra de John Mc Laughlin et une brillante carrière solo force le respect. Il convient de reconnaître que, lorsque que sortit l’album « Stratus » en 1974, Billy Cobham marqua à tout jamais les esprits, tant ce disque constitue le condensé idéal d’une fusion jazz et rock qui allait très vite connaître ses heures de gloire avec l’émergence de groupes comme Weather Report, Return To Forever et tant d’autres.

Mais la principale difficulté pour un artiste est souvent dans la « digestion » d’un succès et dans sa capacité à pouvoir le confirmer. Combien d’entre eux se sont « brisé les dents » après la parution d’un album exceptionnel ? Billy Cobham n’échappa pas à cette malédiction. Si « Crosswinds » qui suivit « Stratus » fut d’un bon niveau, il est difficile d’en dire autant de « A funky of things » et surtout de la très moyenne tournée avec George Duke qui s’en suivit. Il me reste encore en mémoire, ce concert, certes intéressant donné dans la plaza de toros de Bayonne, mais dont nous étions en droit d’attendre nettement mieux de la part d’artistes possédant un tel cursus.

Fort heureusement, Billy Cobham sût très rapidement se remettre en question en participant à de nombreux concerts avec une multitude de musiciens venus de tous les horizons du jazz. C’est ainsi qu’en 1977, il retrouva pour une mini tournée Américaine, Steve Khan, Tom Scott et surtout le brillant bassiste Alphonso Johnson qui venait juste de quitter Weather Report. Un témoignage de cette tournée nous parvint avec l’album, au titre extravagant « Alivemutherforya ». Le résultat dépassa largement nos espérances et bien que possédant un nombre conséquent de vinyles de ce style musical, rarement, un quartet ne m’a paru aussi complémentaire à mes yeux, les instruments se mariant entre eux avec une harmonie sidérante. Les dialogues, en particulier, entre la batterie de Billy Cobham et la basse de Alphonso Johnson constituent un must pour tout amateur de jazz/rock.

Par la suite, Billy Cobham reprit avec beaucoup de réussite le chemin des studios, en témoigne ce sublime « Life and Times » et continue surtout à nous offrir des concerts exceptionnels comme celui donné à Bordeaux en 2015. Si sa batterie s’arrête près de chez vous, dépêchez vous d’en profiter avant qu’il ne soit trop tard.

                                                                                                                                        Frédéric.

 

COBHAM/KHAN/JOHNSON/SCOTT - Alivemutherforya [full album]

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