S’il est bien une personnalité qui fait l’unanimité parmi tous les lecteurs de ce blog ainsi que parmi tous les amateurs de guitare, c’est bien Mick Taylor, révélé au grand public par John Mayall et à qui incombait la lourde tâche de succéder à un certain Eric Clapton au sein des Bluesbreakers alors qu’il n’était âgé que de dix- huit petites années avant d’intégrer deux années plus tard le plus prestigieux des groupes de l’époque The Rolling Stones et de succéder ainsi à une autre légende Brian Jones. Et pourtant malgré tout ceci, c’est un sentiment de regrets qui nous vient en premier à l’esprit lorsqu’il s’agit d’évoquer son parcours.

D’ailleurs, si la question sur ses récentes activités et ses futurs projets nous était soumise, je suis certain que pratiquement aucun d’entre nous ne serait en mesure d’apporter une réponse claire et précise. Car avec son incontestable et reconnu talent, ce sont les mystères autour de sa personnalité qui viennent autant à l’esprit de tous lorsqu’il s’agit de parler de lui. Lorsqu’il quitta les Stones pour les raisons que chacun de nous connait parfaitement, nous étions unanimes à lui prédire une brillante carrière solo qu’il entama avec un certain Jack Bruce dans un registre très jazz avant de la prolonger de manière plus discrète en tournant avec Alvin Lee, Joe Walsh, Bob Dylan et même Gong et tant d’autres mais toujours en se positionnant en retrait. Son premier album solo, sorti en 1979 à tendance jazzy et entièrement composé par lui est une de ces merveilles que l’on savoure avec délicatesse tant la finesse de son jeu de guitare dégage une sensation incroyable de pureté. Et pourtant malgré des critiques unanimes, le succès commercial fut loin d’être au rendez- vous. Peut-être et même certainement est- il très difficile de se débarrasser d’une étiquette surtout quand celle-ci se nomme Rolling Stones, mais à mon humble avis, ce motif n’est pas suffisant. Mick Taylor n’a jamais voulu céder aux sirènes du marketing roi ouvrant les portes du succès en préférant, et ceci est d’ailleurs tout à son honneur, opter pour des orientations musicales très personnelles qu’il désirait profondément porter avec en contrepartie le lot d’incertitudes matérielles que celles-ci pouvaient engendrer.

Son site internet (www.micktaylor.net) est d’ailleurs tout à fait conforme à la personnalité de notre guitariste. Guère mis à jour et mal conçu, cet outil, aujourd’hui indispensable à une carrière, est loin de lui offrir tous les bénéfices qu’il pourrait en tirer. Sa dernière apparition scénique date du 8 juillet 2016 au festival de Henley. Auparavant, il avait participé à la tournée des Rolling Stones « Fourteen on fire » ou le groupe lui avait « généreusement » offert la possibilité de montrer son talent sur deux titres « Midnight Rambler » et « Satisfaction ». Sa prestation, le 13 juin 2014, sur la scène du stade de France ou il était apparu bien mal en point sur un plan physique avec une énorme prise de poids, avait illuminé le concert justifiant ainsi la jalousie de Keith Richards qui avait tout fait pour l’écarter en 1974 car craignant pour son égo. Mais tout ceci est largement connu de vous, il est donc inutile d’épiloguer dessus.

Souhaitons que les toutes prochaines années nous permettent de retrouver tout le génie de Mick Taylor aussi bien sur disque que sur scène. Le monde du rock ne peut se passer d’un tel talent.

                                                                                                                                                     Frédéric.

Mick Taylor - I wonder why.