A en lire les différents classements des ventes publiés par les principaux journaux (Billboard, Cashbox etc…), l’album de Walter Trout « We’re all in this together », dont nous avons longuement parlé ici même, caracole en tête de la catégorie blues depuis le premier septembre (date de sa sortie officielle) et serait même en course pour recevoir le titre flatteur d’album blues de l’année. Très franchement, il s’agit là d’une excellente nouvelle dont les amateurs de blues, que nous sommes tous, ne peuvent que se réjouir.

En premier lieu, ce succès récompense un album extrêmement innovant dans sa conception et qui au départ était loin d’être un pari gagné tant les précédents incluant autant de guests stars comptèrent beaucoup de flops. Mais avant tout, cet album est le succès d’un homme. Car soyons franc, Walter Trout est bien loin de posséder la notoriété auprès du grand public d’un Eric Clapton ou même de la plus- part de ses invités prestigieux figurant sur ce disque au point que hormis certains passionnés de ce style qui fréquentent régulièrement ce blog, beaucoup l’ont découvert en cette occasion. Pourtant notre guitariste possède un solide CV qui l’a amené de John Lee Hooker à John Mayall en passant par Canned Heat. Mais pour être tout à fait objectif, il convient de reconnaître que sa carrière n’a pas toujours été orientée vers les sommets. Certaines de ses réalisations discographiques antérieures sont même plutôt poussives et franchement moyennes.

C’est donc un immense coup de chapeau qu’il convient d’adresser aujourd’hui à notre guitariste. Car à 66 ans passés, il était tout sauf évident de savoir se remettre en cause pour accueillir 14 invités majoritairement prestigieux et surtout de concevoir un morceau en fonction de la personnalité musicale de chacun d’eux afin de mettre en avant tout leur talent. S’il était aisé d’imaginer un tel concept venant par exemple d’un Eric Clapton, il était nettement moins envisageable qu’un musicien au nom bien moins prestigieux soit en mesure de réussir aussi brillamment un tel pari.

Maintenant, il convient de s’interroger sur la tournure que va prendre la carrière de Walter Trout dans les prochains mois. Indiscutablement, notre guitariste vient d’acquérir une nouvelle dimension. Comment va-t-il la gérer, lui qui n’est guère habitué à figurer tout en haut des affiches ? Le calendrier des concerts à venir commence sérieusement à se garnir et l’attente et surtout l’exigence du public sera dorénavant beaucoup plus forte. Autre interrogation, quelle sera la suite discographique de ce fabuleux album qu’est « We’re all in this together » ?  Un deuxième issu du même concept ou bien un studio studio plus personnel ou alors un live extrait de sa récente tournée ? Là encore, il n’aura pas le droit à l’erreur sous peine de faire immédiatement retomber les espoirs portés en lui par ce nouveau public qu’il vient d’acquérir.

Le plus difficile commence donc pour Walter Trout. Mais à l’écoute de ce dont il a été capable de nous proposer en ce mois de septembre 2017, nul ne doute qu’il saura relever l’immense défi qui se présente à lui.

                                                                                                                                    Frédéric.

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