Existe-t-il meilleur moyen de conclure la semaine que l’écoute d’un disque d’un grand guitariste trop méconnu ? En 1975, Roy Buchanan sortait son premier disque live intitulé « Live stock ».

 Né en 1939 et mort en 1988, après avoir été retrouvé pendu dans la cellule de dégrisement de Fairfax en Virginie ou la police locale l’avait enfermé suite à une dispute avec sa femme, Roy Buchanan aurait très bien pu figurer dans le classement des meilleurs guitaristes du magazine Rolling Stones. Parti s’installer avec sa famille sous le soleil californien, il joue dès 16 ans au sein des « Heatbeats » de Spencer Dryden qui deviendra peu après le batteur du Jefferson Airplane. Par la suite, il évoluera avec Ronnie Hawkins qui fondera deux années plus tard « The Band ». C’est d’ailleurs une des principales caractéristiques de la vie de Roy Buchanan, il a toujours côtoyé les musiciens des grands groupes un peu trop tôt, ne réussissant jamais à en intégrer un seul, à moins que ce soit son esprit d’indépendance qui l’en ait empêché. Adepte de la Fender Telecaster sur laquelle il a toujours évolué, Roy Buchanan sut séduire son public par sa manière unique et exceptionnelle de la faire pleurer. Sa carrière décolla vraiment en 1971, quand une chaine de télévision lui consacra un reportage entier intitulé « The best unkown guitarist in the world » et de ce fait il décrocha un contrat avec la maison de disque Polydor. Ce « live stock » est issu de cette période et constitue à mes yeux le meilleur disque de sa courte discographie. Vous y retrouverez, entre autres, une version explosive de « Further up on the road » et une extraordinaire ballade country intitulée « Hot cha » Par la suite, se sentant oppressé par les contraintes imposées par les maisons de disques, Roy Buchanan quitta les studios et la scène, avant d’y revenir au début des années 80 pour le compte d’un label moins connu, mais qui lui garantissait sa liberté de création.  Il sortit 3 albums, qui rencontrèrent un succès relatif, bien qu’ils fussent très intéressants. On compare souvent, avec raison, la carrière de Roy Buchanan avec celle d’un autre guitariste qui lui aussi connut un destin tragique : Tommy Bolin.

Si vous êtes un adepte du blues rock, je ne doute pas un seul instant à quel point ce son si particulier et si chaleureux de sa guitare saura vous séduire et qui, en cette fin d’hiver enneigée pour certains d’entre vous, apportera, sans nul doute, un rayon de soleil.

                                                                                                          Frédéric.

ROY BUCHANAN - LIVE STOCK (FULL ALBUM)