Le milieu des années 70 était incontestablement marqué par les avis de naissance et de décès de ce que l’on appelait super groupes. Ceux- ci disparaissaient aussi vite qu’ils étaient apparus, soit après une tournée, soit à la suite d’un enregistrement d’album ou le succès programmé n’avait pas été au rendez- vous. L’année 1975, avec l’essor du progressive rock ou du jazz rock n’échappa pas à la règle avec une réalisation très controversée à l’époque puisque qu’elle compta autant d’inconditionnels que de détracteurs.

En cette douce année, le célèbre percussionniste Japonais Stomu Yamashta céda donc aussi à cette éphémère mode en créant le groupe GO avec lequel il enregistra trois albums. Mais la véritable surprise se situait au niveau des noms qui l’accompagnaient dans cette hasardeuse aventure. En effet réunir Klaus Schulze, alors roi de la musique planante Allemande, Al Dimeola le guitariste de Chick Corea, Steve Winwood en manque d’inspiration provisoire depuis la fin de Traffic et Michael Schrieve, batteur de Carlos Santana qui souhaitait évoluer dans un autre univers que le Jazz afro cubain du grand guitariste, relevait soit de l’inconscience, soit d’un véritable coup de génie. Démonté par la critique de l’époque, le premier album du groupe n’est cependant pas totalement dépourvu d’intérêt, même si, pour être tout à fait objectif, nous étions en droit d’attendre un résultat plus créateur de la part de tant de talents réunis. S’ouvrant sur un morceau lent un peu pompeux, l’album prend assez vite une tournure mi jazz/rock avant de se tourner sur une musique électronique planante influencée par Klaus Schulze et de revenir sur un jazz rock plutôt fade. Son principal inconvénient et surtout sa grande faiblesse est de vouloir aborder et flirter avec tous les styles musicaux familiers des musiciens sans en approfondir aucun. Si le mélange des genres peut parfois être bénéfique, il est néanmoins indispensable pour un album, comme pour un artiste de conserver une certaine ligne conductrice. La meilleure illustration de ce propos est symbolisée par la production de Jeff Beck. En voulant à chaque fois aborder un style différent, ce brillant guitariste a réussi l’exploit de ne satisfaire personne et bien malin est celui qui est capable de définir avec exactitude la musique qu’il propose aujourd’hui.

La formation de Stomu Yamashta n’échappe pas à cette règle, alternant le très bon avec le moins bon avec cet album qui, dans tous les cas, ne justifie ni les louanges dressées par certains, ni les torrents de critiques négatives de l’époque. 43 années après sa sortie, l’album reste toujours à mes yeux un mystère que je vous propose de découvrir en bande son ci-dessous. N’hésitez pas à communiquer votre avis sur la rubrique commentaires.

                                                                                                                               Frédéric.

Stomu Yamashta - Go (Full Album)