Pour être tout à fait franc avec vous, c’est plutôt le scepticisme qui m’habitait en contemplant sur les bacs de mon disquaire favori, la réédition de l’album paru en 2003 de Led Zeppelin « How the West was won ». Quel était l’intérêt réel de celle-ci, malgré qu’elle soit produite et remasterisée par Jimmy Page ? Surtout que, même si j’apprécie bien le groupe, je suis loin d’être un inconditionnel de celui-ci, malgré le souvenir d’un concert retentissant au Super Dôme de New Orleans lors d’un séjour aux States dans les seventies.

Mais ne possédant pas cet album dans ma collection, les différents extraits publiés sur youtube ont achevé de me convaincre de m’y intéresser de plus près, me disant que, de toute façon, cela me changerait de l’histoire de l’héritage de Johnny Hallyday dont BFM Macron et sa brillante chef du service culture (vous le saviez qu’il y avait un service culture sur BFM Macron ? moi pas) nous rabâchent les oreilles 24 heures sur 24.

Plus sérieusement, l’autre énorme avantage de cette réédition est qu’elle se décline sous 4 versions différentes sans pour autant toucher au contenu musical. C’est ainsi que la version de base de 3 cd (chroniquée ici même) est commercialisée au prix incroyable de 17,99€ pour près de 2h 25 d’excellente musique avec, en prime, un joli petit livret comportant de splendides photos imprimées sur papier glacé. Les inconditionnels du groupe pourront s’orienter sur les 4 vinyles vendus près de 90€ et surtout la version super Luxe comprenant 4 vinyles, 3 cd, 1 dvd et un super livre mais cependant commercialisée au prix impressionnant de 119€. Mais parlons du contenu musical, ce qui est de loin le plus important. Avant tout, il convient de souligner l’excellente qualité du son pour un enregistrement datant de 1972. La voix de Robert Plant est littéralement superbe et les divers instruments ressortent particulièrement bien, en particulier les solos de Jimmy Page qui ont tout pour faire frémir de nombreux lecteurs de ce blog. Le CD 1 regroupe essentiellement les succès des albums III et IV avec de superbes et détonantes versions de « Immigrant song », » Black dog » et bien évidemment « Stairway to heaven » avant de céder la place à une bien belle partie acoustique.  Le Cd 2 est le moins intéressant, bien qu’il débute par une solide version de près de 25 minutes de la chanson de Jack Holmes « Dazed and confused » reprise par Jimmy Page lors de son passage avec les Yardbirds et qu’il enregistra à l’occasion de la sortie du premier album de Led Zeppelin. Le point faible de ce disque est l’interminable solo de batterie de John Bonham sur « Moby Dick », malgré ses qualités évidentes d’exceptionnel batteur. Il est vrai que dans les seventies, ces solos étaient monnaie courante et pratiqués par la plus- part des groupes. Prenons -le alors comme le témoignage d’une époque d’autant plus que celui-ci ressortira particulièrement bien sur votre chaîne hi-fi. Le denier CD marque le retour à la normale avec un « Whole Lotta love » très enlevé et surtout un « Rock and Roll » littéralement décapant.

Cette réédition est donc une réussite dans son ensemble, surtout commercialisée dans sa version de base. Ce n’est pas tous les jours que nous pouvons nous offrir près de 2h25 de notre musique pour la modique somme de 17,99€. A ces conditions- là, il serait vraiment dommage de ne pas en profiter.

                                                                                                                                    Frédéric.

Stairway to Heaven How The West Was Won