Voici une nouvelle rubrique qui apparaitra de temps en temps sur ce blog et qui relate des coups de cœur d’un soir dont les images restent hélas imprécises et floues pour être relatées de manière complète, mais cependant suffisamment présentes dans ma mémoire pour être tout de même contées ici-même.

Orange, 15 Août 1975 : La première soirée du festival présenté comme le Woodstock Français est sur le point de s’achever. Autant le dire franchement, cette journée tant attendue a déçu la majeure partie des 10 000 spectateurs présents. Jess Roden avait ouvert le festival avec un set sans grande saveur, Fairport Convention avait réussi à charmer les spectateurs avec une version exceptionnelle de « Sloth » et un set très chaleureux, John Cale et Chris Speeding sous l’effet de l’alcool avaient littéralement fait naufrage sur la scène du théâtre antique (le premier la quittant même au bout de 30 minutes étant en incapacité de se tenir debout). Il ne restait plus que Bad Company et Nico pour sauver les meubles. Fort d’un premier album particulièrement réussi, Bad C° était le groupe le plus attendu du festival. Beaucoup de spectateurs (dont votre serviteur) étaient d’ailleurs venus essentiellement pour eux. Hélas c’était sans compter sur le fait que Paul Rodgers, Simon Kirke, Mick Ralphs et Boz Burrell avaient passé l’après midi entière à écumer les caves de la région pour déguster les produits locaux. Leur passage fût donc littéralement catastrophique au point qu’ils durent repartir sous les sifflets et les huées d’une foule qui pourtant au départ de leur set leur était toute acquise.

Il ne restait donc que l’effigie du Velvet Underground pour sauver ce premier jour du désastre, ce que bien peu de gens envisageaient au début de cette première soirée. Et pourtant, le miracle eut lieu. La nuit était tombée depuis longtemps quand arrivant par l’entrée du public et seulement accompagnée de son harmonium et du bassiste Michael Memmi, la belle et fascinante Nico envouta littéralement la foule avec son incroyable voix dont la profondeur toucha un public conquis par l’émotion dégagée. Belle, troublante, mystérieuse, fascinante et touchée par la grâce, Nico fit un véritable triomphe auprès d’une foule qui ne demandait qu’à être conquise après la frustration provoquée par le passage indigne de John Cale et de Bad Company.

                                                                                                                               Frédéric.

Ps : A propos de Nico, signalons la sortie en salle, le 18 avril, du film de Susanna Nicchiarelli : Nico 1988 consacré aux dernières années de sa vie avec Trine Dyrholm dans le rôle de Nico.

 

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