L’éditorial d’aujourd’hui sera un peu différent de ceux auxquels vous êtes habitués, puisqu’il s’adresse avant tout aux Bordelaises et aux Bordelais. Que les fidèles lecteurs de ce blog résidant dans d’autres régions se rassurent, dès demain, ils pourront retrouver leurs rubriques habituelles.

Donc, transportons-nous, l’espace d’une journée sur les bords de la Garonne et abordons deux aspects de sa récente vie musicale au travers de deux petites anecdotes. Depuis la disparition, au début des années 80, des trois grands magasins de disques spécialisés qu’étaient Guy Arias (le meilleur de tous), Reporter Photo et Bermond Siler, celui qui souhaite acquérir un album un peu plus collector que ceux distribués par la Fnac doit se diriger sur quelques petits magasins qui ont repris le flambeau. Mais pour cela, le malheureux acheteur doit suivre un véritable parcours du combattant, surtout s’il a la mauvaise idée d’effectuer son achat un matin. Car tenez vous bien, à Bordeaux, la grande majorité de ces magasins n’ouvre que du mardi au samedi de 14h, voire 15h à 18h et dans tous les cas pour ceux qui effectuent une journée normale, l’ouverture des grilles ne se fait pas avant 11h du matin. De plus, selon les boutiques, l’acheteur potentiel a intérêt à vérifier soigneusement l’état du produit qu’il acquière souvent très cher, en particulier les vinyles, sous peine de grosse désillusion. Après tout cela, il convient donc de relativiser les plaintes sur la faible activité commerciale des différents propriétaires de ces magasins.

Autre billet d’humeur : La salle des fêtes du Grand Parc, lieu mythique s’il en est de la vie musicale Bordelaise dans les années 70/80, avant qu’elle ne soit fermée pour des raisons de sécurité. Beaucoup de grands artistes s’y sont produits comme Kevin Coyne, Hatfield and the north, Kevin Ayers, Soft Machine, Magma et bien sur Gong qui y donna un concert d’anthologie qui marqua à vie tous ceux qui ont eu le privilège d’y assister. Pour fêter la réouverture de cette salle entièrement rénovée, une exposition retracant son histoire est organisée à la Bibliothèque du quartier du Grand Parc à grand renfort de publicité. Malheureusement, cette dernière est à la hauteur de ce qui caractérise la culture musicale dans notre ville depuis 1995 à savoir le néant absolu. Alors qu’il y a tant à raconter sur tous les événements qui ont marqué des générations entières, l’exposition se résume à un vulgaire panneau d’un mètre de large, avec quelques grandes dates largement connues et un petit film sans grand intérêt diffusé sur une télévision. Parait-il que le Mai musical (pour la musique classique) ou Sigma (pour celle traitée par ce blog) ruinaient les finances de la ville et ne présentaient pas le moindre intérêt, ce qui a soi-disant justifié leurs suppressions en 1995 par la municipalité à peine élue. En revanche, dans une ville totalement dénaturée, livrée aujourd’hui, de manière scandaleuse, entièrement aux promoteurs immobiliers, il n’y a aucun problème de financement pour organiser des « Fêtes pharaoniques », type celle du vin ou pour 20€, le bon peuple a le droit de boire un verre de piquette au milieu de la poussière des quais.

Souhaitons qu’à partir de 2020, la musique retrouve la place qu’elle a occupé par le passé dans notre belle ville et qu’elle mérite. Il n’y a plus qu’une année et demie à patienter.

                                                                                                                              Frédéric.

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