Très attendu par les nombreux inconditionnels du groupe, la réédition officielle du bootleg de The Who « Live at the fillmore East 1968 » n’a pas déçu. Certes, l’album n’est pas indispensable et est d’une qualité inférieure à « Live at Leeds » avec lequel il peut être comparé sur le répertoire proposé, mais son écoute constitue un réel moment de plaisir dont il serait vraiment dommageable de ne pas poser sur sa platine, surtout que sa version CD est commercialisée à un prix des plus correct.

Conforté par les échos très favorables par sa prestation l’année précédente au festival de Monterey, la formation Britannique effectuait en 1968, son retour sur le sol Américain, plus précisément dans la salle la plus tendance de la ville de New York tenue et dirigée de main de maître par un certain Bill Graham : The Fillmore. Le bootleg circulait déjà au milieu des seventies de manière fort discrète dans quelques bacs de boutiques spécialisées, mais malgré des échos très favorables, sa très quelconque qualité sonore avait considérablement nuit au succès de sa diffusion, comme d’ailleurs beaucoup de ce type de productions enregistrées dans des conditions plutôt folkloriques. Retombé dans les circuits officiels, cinquante années après, l’œuvre de 2018 n’a pas grand-chose à voir avec le bootleg initial, puisqu’elle à bénéficiée d’une restauration et d’une remasterisation complètes qui nous offrent incontestablement un excellent son. Les ingénieurs n’ont pas pu sauver deux morceaux « Substitute » et « Picture of Lily » impossibles à restaurer du fait de l’état initial des bandes sonores et ont donc décidé de ne pas les mettre sur l’album. Ce qui est tout à leur honneur.

Nous retrouvons donc la formation d’origine, en pleine possession de ses moyens et surtout au sommet de sa forme, avec nos deux disparus John Entwistle à la basse et le génial et imprévisible Keith Moon à la batterie, dans un set pré « Tommy » avec un fort accent rockn ‘roll comme en témoignent les fulgurantes reprises des standards d’Eddie Cochran, sans oublier le fameux « I can’t explain » le tout occupant la totalité du CD1. Mais le meilleur reste à venir avec une détonante et explosive version de « My Generation » d’une durée de 33 minutes sur le deuxième cd, ce morceau justifiant à lui tout seul l’investissement dans l’album. Quel bonheur de retrouver à son zénith ce diabolique quatuor qui a fasciné et fait rêver tant de générations et qui démontre, s’il en était encore nécessaire, que John Entwistle et Keith Moon n’ont jamais eu, au sein du groupe, de remplaçants possédant le millième de leur talent.

« Live at the Fillmore East » est un vrai moment de plaisir et aussi de nostalgie. Il serait vraiment regrettable de s’en priver.

                                                                                                                                 Frédéric.

The Who - Summertime Blues - Fillmore East 1968 (1)