L’actualité de Buddy Guy sera fournie au cours de ces prochains mois. A sa traditionnelle et annuelle tournée aux USA et en Europe s’ajoute en cette année 2018 la parution d’un nouvel album intitulé « The blues is alive and well » annoncé pour le 15 juin et qui succédera donc au plutôt réussi « Born to play guitar ». Peu d’informations ont filtré à ce jour sur le contenu musical de l’album. Seule, à ce jour, un très réussi dessin de couverture est disponible sur les différentes plateformes afin de pouvoir le commander ainsi que l’annonce de la participation de trois invités prestigieux que sont Mick Jagger, Keith Richards et Jeff Beck qui apparaitront chacun sur un morceau différent.

 Il existe plusieurs façons d’accueillir cette nouvelle. La première est la plus simple étant de nous réjouir qu’à 81 ans, notre bluesman déborde toujours d’activité et reste toujours une référence incontournable du blues. La seconde est beaucoup moins réjouissante et met en valeur la véritable escroquerie (et encore je pèse mes mots) que constitue un concert aujourd’hui de ce grand guitariste et déjà évoquée sur ce blog le 31 août 2016. C’est ainsi que si vous comptez vous rendre à Pleyel, le 6 novembre prochain et êtes prêt à débourser selon les places disponibles une somme allant de 69,70€ pour les places les plus éloignées à 186,30€ pour le carré or, il convient de vous rappeler le déroulement d’un concert de Buddy Guy afin que votre décision d’investir une somme conséquente soit prise en toute connaissance de cause. Voici donc la review du concert de 2014 à l’Olympia.

« Après les 20 minutes de pause, vint enfin celui pour lequel nous étions venus : Buddy Guy. A 78 ans passés, il est incontestablement plutôt bien conservé et dès le premier morceau nous délivre quelques riffs dévastateurs de sa guitare agrémentés de sa voix qui chante si bien le blues. A ce moment du concert, les regards portés entre nous laissaient à penser que nous allions à nouveau vivre un moment d’exception. Malheureusement, la suite ne fut que désenchantement, désillusion, frustration et s’est transformée en une colère froide devant ce qu’il est permis d’appeler une petite escroquerie. Monsieur Buddy Guy, dès la fin du premier morceau, s’est soudain mis à parler longuement et à commencer à nous raconter sa vie. Ce qui en soit peu apparaître intéressant, mais quand le spectateur réalise que ces interminables récits n’ont pour seul but que de meubler le temps et qu’ils deviennent systématiques à l’issue de chaque morceau joué, l’appréciation devient forcément différente. Pire, ceux -ci étaient à peine entamés qu’ils étaient immédiatement interrompus pour laisser place à de nouveaux longs récits qui étaient un calvaire pour certains spectateurs qui ne maitrisaient pas correctement la langue anglaise et même pour ceux qui, comme votre serviteur, la comprenne relativement bien, l’impression d’être pris pour un pigeon commençait à provoquer un immense malaise. Bénéficiant de l’apport de remarquables musiciens, Buddy Guy les laissait s’exprimer, au fil du concert, dans de longues improvisions, certes intéressantes mais pour lesquelles personne n’était venu. Pendant ce temps- là, notre bluesman se promenait dans les coulisses refaisant une apparition scénique sur la dernière partie de chaque morceau, afin de justifier son cachet. Le seul véritable bon moment fut lorsqu’il réapparut au milieu de la salle au niveau de l’orchestre pour nous distiller un mini solo ou tout son talent éclata. 

La dernière partie du show vit Quinn Sullivan revenir sur scène et accompagner le maître.

 Nous nous dîmes que, peut- être enfin, allions-nous enfin avoir droit à quelques moments épiques en particulier quand les notes du fabuleux « Stormy Monday » commencèrent à résonner de la bouche de notre bluesman. Un tel morceau repris par un monstre sacré du blues allait enfin nous apporter ce que nous étions venu chercher. Hélas pour nous, il s’effaça une nouvelle fois derrière Quinn Sullivan, à qui il confia le solo de guitare tant attendu. Ce dernier assura certes remarquablement bien ce redoutable exercice, mais à nouveau, nous n’avions pas fait le déplacement à Paris pour lui, mais pour assister au show complet d’une légende du blues qui, ce soir- là, s’est moquée ouvertement de nous.

Il est inutile de vous conter la suite qui fut de cet acabit. A ce rythme-là, Buddy Guy aurait pu rester toute la nuit sur scène, il n’est pas certain qu’il aurait été fatigué à la fin. J’ignore comment était son passage dans cette même salle en juillet dernier, où il devait interpréter son excellent nouvel album » Born to play guitar », mais il est à souhaiter pour le crédit de notre musique que ce genre de comportement proche de l’escroquerie soit connu du plus grand nombre, afin que chacun soit pleinement averti du risque pris lors de l’achat d’une place de concert de ce monsieur. Dorénavant, ce sera sans moi, mais cela, j’imagine que vous l’aviez deviné. »

S’il n’est ici nullement question de remettre en question le talent de Buddy Guy, souhaitons que ce petit rappel saura vous aider à effectuer le bon choix sur votre présence à ce concert.

                                                                                                  Frédéric.

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