Même s’il est incontestable de reconnaître que la présentation des cd d’aujourd’hui est beaucoup plus conviviale qu’au tout début de leur commercialisation, en particulier, grâce aux efforts fournis par les maisons de disques pour les rendre plus attrayants en incluant des livrets de plus en plus complets et en nous proposant des coffrets innovants, force est de constater que rien n’a jamais remplacé le vinyle tant au niveau de la qualité du son et du plaisir que lui seul est en mesure de procurer à tout collectionneur. Les lecteurs assidus de ce blog comprendront tout de suite ce sentiment unique de sortir un 33 T de sa pochette, de le poser sur sa platine et d’écouter un son dégageant une chaleur irremplaçable.

Ce ressenti s’exprime de manière encore plus forte lorsque vous rentrez dans votre discothèque un véritable collector avec sa couverture et son pressage d’origine, qui plus est dans un état exceptionnel et, cerise sur le gâteau, acquis à un prix défiant toute concurrence. Cette sensation unique et indéfinissable s’est présentée dans ma boite aux lettres, il y a une quinzaine de jours, avec la réception du tout premier album de la charmante Emmylou Harris « Gliding Bird » enregistré en 1969, alors qu’elle n’avait que 22 ans et n’était qu’une illustre inconnue dans le monde de la country music. Alors, bien évidemment musicalement parlant, cet album est très loin d’être parfait et exceptionnel. La voix d’Emmylou ne dégage guère de sureté sur la plus- part des 10 morceaux proposés et est même par certains moments, presque maladroite. Cependant, les prémices de la grande chanteuse qu’elle deviendra par la suite sont perceptibles sur quelques morceaux comme cette superbe interprétation de « I saw the light » composé par Hank Williams et sur les 5 titres composés par elle et livrés à l’appréciation de l’auditeur.

Mais la magie de ce vinyle se trouve ailleurs. Tout d’abord avec certains détails croustillants de sa pochette, comme la manière dont le prénom d’Emmylou est orthographié : Emmy Lou (la réédition qui suivra une dizaine d’année plus tard sous une couverture différente la présentera sous son prénom actuel) et puis cette photo présentant de manière très sixties, voire fifties notre chanteuse qui lui donne un charme incroyable. Les puristes que nous sommes regretteront sans doute l’absence de la mention du nom des musiciens l’accompagnant, mais il est vrai qu’à l’époque de l’enregistrement de ce document, ce facteur était loin d’être primordial.

Alors entre la magie d’un vinyle et la fadeur d’une écoute d’un album version CD ou par MP3 ou autre Deezer, je vous laisse deviner où se porte ma préférence.

                                                                                                                         Frédéric

 

emmylou harris