Et si la bonne surprise du concert de Londres du 8 juillet prochain venait de lui, alors que, autant l’avouer, bien que nous soyons ravis de sa présence, nous ne sommes, en priorité, pas venus spécialement pour lui ? L’hypothèse peut apparaitre comme farfelue et pourtant elle prend de plus en plus forme, au fur et à mesure que la date fatidique se rapproche.

En septembre 2017, était décrit ici même mon désamour ressenti envers la musique de Carlos Santana, véritable idole de mon adolescence jusqu’à mes 21 ans pour qui comme je vouais, comme nombre de mes amis de l’époque, un véritable culte et dont pour nous la musique s’était arrêtée juste après le troisième morceau de l’album Festival intitulé « Let the Children play ». Après tant d’années à planer sur Abraxas ou autre Borboletta, après l’avoir vu plus de 8 fois en concert dans la grande époque des seventies, nous ne pouvions qu’éprouver que consternation devant le chemin musical pris par ce guitariste hors du commun. Certes, la flamme se rallumait de temps en temps, comme lors de ce fantastique concert donné avec Wayne Shorter, cofondateur de Weather Report, en 1988 lors du festival de Jazz de Montreux, mais très vite, la colère et l’indifférence revenaient devant le gâchis d’un tel talent.

Beaucoup d’années passèrent sans nous croiser. Et pourtant, les sollicitations ne manquèrent pas à l’occasion de ses multiples tournées Européennes, mais à chaque fois, malgré quelques vagues hésitations, je déclinais l’invitation à revoir une de mes ex idoles sombrer dans la daube commerciale, préférant rester ainsi sur mes souvenirs des concerts prestigieux des seventies comme celui de San Sebastian du 21 août 1977 et conté en détail sur ce blog le 9 janvier 2016. Et puis vint l’annonce du concert d’Eric Clapton le 8 juillet prochain à Hyde Park ou Carlos Santana sera présent pour assurer la première partie et réflexion faîte, je me suis dit en moi-même que ce soir là pourrait être celui de la réconciliation après 40 années de bouderies. Je me suis donc penché sur les toutes récentes set lists des concerts de notre guitariste pour avoir une idée un peu plus précise de ce qu’il nous propose. Et là, ce fut une excellente surprise puisque les deux tiers de son show actuel sont basés sur la période allant de son premier album à ce fantastique Santana III. Il ne manque plus que quelques extraits de Borboletta pour que la fête soit complète. Autant donc dire que beaucoup d’espoirs sont permis sur ce concert de Londres, qui en plus sera donné devant près de 130 000 personnes.

C’est donc beaucoup d’attentes qui marque ces retrouvailles après tant d’années de déception. Si en plus, Carlos Santana accompagne au final Eric Clapton pour un duo magique, comme au plus beau des seventies, inutile de vous dire que ma passion pour sa musique sera de retour. D’ailleurs, elle ne demande qu’à revenir. A Carlos Santana de jouer.

                                                                                                                                     Frédéric.

 

Ps : En raison de déplacement parisien, ce blog ne sera pas actualisé les 7 et 8 juin 2018.

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