Vers la fin des années 60 et au début des seventies, elle fut la principale incarnation du vent de liberté qui soufflait sur cette époque, qui emportait tout sur son passage et qui fascinait les adolescents que nous étions dans ces années. Nous étions très nombreux à être admiratifs de la pureté de sa voix et de la manière dont elle arrivait à faire passer ses messages politiques. Bien sur le temps a passé et nos illusions se sont envolées, mais sa voix est restée la même, réussissant toujours, cinquante années après, à exercer cette incroyable fascination sur les adultes que nous sommes devenus entre temps.

Joan Baez est donc en France, sur la prestigieuse scène de l’Olympia Parisien, pour effectuer à l’image d’un autre grand nom Paul Simon, une tournée d’adieu dont le succès est tel qu’il fut nécessaire de programmer dans l’urgence d’autres dates pour le mois de février 2019. A 77 ans, cette grande dame du folk song a choisi de ne pas effectuer l’année de trop et de risquer ainsi de perdre un peu de son crédit auprès de générations qui ne l’ont pas connu depuis ses débuts, car son talent est multi générationnel. La force d’un grand artiste n’est elle d’ailleurs pas de savoir se retirer à temps ? Beaucoup de nos idoles de jeunesse, à l’image de The Who, devraient méditer ce dicton.

Mais avant de profiter d’une retraite bien méritée, Joan Baez nous offre en ce mois de juin 2018, pour notre plus grand plaisir, quelques ultimes concerts. La set list qu’elle nous propose retrace les différentes étapes de cinquante années d’une brillante carrière avec des reprises de chansons de Steve Earle, de Tom Waits, de son ex compagnon Bob Dylan et bien sur des morceaux du répertoire traditionnel que l’on peut entendre lorsque l’on roule sur les routes de cette Amérique profonde tel que ce « Swing low  Sweet chariot ». Seul manque, selon moi, pour que la soirée soit complètement réussie, mais ceci est strictement personnel, « Here’s to you » qui illustrait le film « Sacco et Vanzetti » et qui m’a fait découvrir cette immense chanteuse. Mais qui c’est, peut être aurai-je une bonne surprise, d’autant plus que cet oubli semble avoir été réparé si j’en crois la vidéo jointe.

C’est donc avec un immense plaisir que nous nous rendrons à l’Olympia pour rendre un ultime hommage à celle qui nous a tant fait rêver et de retrouver ainsi les idéaux de notre jeunesse, l’espace d’une soirée.

                                                                                                                                    Frédéric

Joan Baez à l'Olympia à 77 ans