Il est extrêmement réconfortant en parcourant avec attention la presse Britannique de constater que le passage d’Eric Clapton n’a pas provoqué un grand enthousiasme parmi les critiques spécialisés de la presse quotidienne, puisque beaucoup d’entre eux l’ont trouvé, je cite, » usé et fatigué, à l’image de son groupe, avec des solos plutôt fades et ne portant pas sur le public ».  Il convient incontestablement de saluer cette objectivité et d’espérer que ces remarques permettront à Eric Clapton de prendre la seule décision qui s’impose à lui désormais après son fiasco de dimanche : Arrêter définitivement la scène ! Ultime précision pour ceux qui n’y étaient pas et qui souhaiteraient s’informer, ne vous basez surtout pas sur les reviews du  site « Where’s Eric » dont chacun sait qu’elles sont rédigées par des fans, dont la lucidité n’est pas la qualité première, à moins qu’elles ne soient écrites par des membres du staff ou des proches, ce qui  expliquerait d’ailleurs beaucoup de choses.  Oui, le show d’Eric Clapton a été, selon moi, nul, lamentable, honteux et une escroquerie et je revendique fièrement, avec lucidité et une totale objectivité, le droit de le dire, sans pour autant brûler son œuvre immense et géniale, accomplie depuis tant d’années. Le droit à la critique est encore autorisé, n’en déplaise à ceux qui ne voudraient surtout pas que l’on remette en cause leur Dieu. Mais  dans quel triste pays vivons-nous ? Nous ne sommes quand même pas dans le film de Ken Russell « Les diables » ! Désolé, mais l’inquisition, dont certains souhaitent visiblement le retour est terminée depuis plusieurs siècles.  Ayant eu le privilège d’effectuer de nombreux et longs séjours aux Etats Unis, jamais le droit élémentaire à la critique ne serait remis en cause là- bas (il est d’ailleurs amusant de constater que ces remarques particulièrement affligeantes émanent d’une personne qui n’était pas présente au concert et dont les connaissances musicales de l’œuvre de Clapton se résument à sa collaboration avec JJ Cale, c’est dire).Mais, heureusement pour nous, il s’est produit autre chose que ce naufrage à Hyde Park.  En effet, il est maintenant temps d’aborder les réussites de ce British Summer Time 2018 et celles-ci furent nombreuses et incontestables avec, entre- autre, le passage particulièrement plaisant de Steve Winwood.

 Avant de l’évoquer, donnons quelques informations pratiques pour ceux qui auraient l’intention de se rendre, dans le futur, dans ce superbe endroit qu’est Hyde Park pour assister à ce genre d’événements. Placé au milieu du parc, le site du concert est immense avec 3 scènes disposées à chaque extrémité. Selon la catégorie de place pour laquelle vous avez opté, il vous est donné accès à toutes celles-ci. Sur la Greak Oak Stage, seuls les artistes les plus prestigieux se produisent pour des questions de logistique dues à leur imposant matériel. Les autres doivent donc se contenter de scènes plus confidentielles. D’autre part, les zones ombragées du site sont inexistantes, il convient donc de prévoir les protections nécessaires pour ceux que la chaleur dérange, car oui il fait chaud à Londres (plus de 30° en ce 8 juillet 2018). Dernier point et ce n’est pas le moins important, seules les places en catégorie Gold et Diamond vous permettent une bonne visibilité, avec cependant l’inconvénient majeur d’un prix de vente particulièrement élevé, mais elles bénéficient d’un nombre incroyable de bars et de divers points de restauration. L’ambiance est extrêmement détendue et les échanges avec d’autres spectateurs nombreux comme avec ce résident Américain, venu de New York et qui portait un superbe T Shirt du groupe « Dead and Company » ainsi qu’une casquette de Jerry Garcia et avec qui j’ai pu refaire le monde sur nos concerts du Grateful Dead respectifs ainsi que sur les qualités des shows donnés par les survivants de ce groupe légendaire.

Venons- en maintenant à la remarquable prestation, bien trop courte (mais le passage de chaque groupe est minuté avec précision et d’une durée réduite) de Steve Winwood et de sa formation emmenée par l’excellent guitariste brésilien Jose Neto, que nous avions vu le mois précédent briller avec le grand percussionniste Airto Moreira au New Morning de Paris. Visiblement très heureux de se retrouver au milieu d’un public aussi nombreux, Steve Winwood nous a offert le répertoire de tous ses classiques en commençant par un enthousiasmant « Im a man » et en concluant son set par « Dear Mr Fantasy » et un torride « Give me some lovin » qui firent lever la foule. Il est vraiment regrettable qu’il n’ait pas été invité à participer au rappel final du show d’Eric Clapton ou pourtant, il avait toute sa place. Souhaitons que sur 2019, la France ne sera pas oubliée de sa future tournée. Nous serons nombreux à vouloir rendre hommage à son immense talent.

                                                                                                                             Frédéric.

Ps : Demain, dernière chronique de la saison avec l’inoubliable show de Madame et Monsieur Carlos Santana accompagnés de leur génial groupe.

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