Un mois s’est écoulé depuis l’escroquerie du concert de Eric Clapton à Hyde Park et la colère n’est toujours pas retombée et surtout la désillusion d’avoir été pris ouvertement pour un imbécile, par un de mes artistes préférés, n’est pas prête de s’effacer.  D’ailleurs, pour la première fois depuis fort longtemps, aucun de ses albums ne s’est posé sur ma platine depuis cette funeste date du 8 juillet 2018, qui grimpera, sans la moindre difficulté, sur le podium des plus mauvais shows auxquels j’ai pu assister depuis 1971 (année de mon premier concert) c’est dire.

Nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement à la rentrée, mais, au travers d’une phrase, l’interview donnée par Marcy Levy au site « Where’s Eric » éclaire d’un œil nouveau le naufrage scénique actuel de notre guitariste. En effet, lorsque on interroge son ancienne choriste sur la manière dont elle avait préparé le morceau « Lay Down Sally » qu’elle a coécrit et qu’elle devait interpréter à Hyde Park , nous apprenons avec stupéfaction que l’explication sur la préparation n’est pas venu d’Eric Clapton, comme cela aurait été logique et évident de la part d’un leader de groupe impliqué dans sa musique et soucieux de la qualité de son spectacle, mais de celui que tout amateur de musique considère comme la purge de sa formation, Doyle Bramhall II, à qui le guitariste de Ripley a visiblement décidé de confier dorénavant les clés du camion ce qui, de ce fait, procure une explication sur bien des points sur lesquels nous nous interrogions depuis quelques années.

Visiblement Eric Clapton a donc choisi, de manière délibérée, de se désintéresser totalement de son public et surtout de ne plus le respecter, mais, et ceci est à souligner, celui-ci semble vouloir commencer à lui tourner le dos, puisque, bien qu’ouverte depuis plus de cinq mois, la location pour ses concerts du mois d’octobre au Madison Square Garden est bien loin d’afficher le sold out habituel (il reste des places disponibles dans pratiquement toutes les catégories pour les deux soirs). Il convient aussi de souligner que la presse Américaine, à l’image du « New York Times », a aussi été la première à dénoncer, avec une certaine virulence, la scandaleuse répétition, infligée depuis 2013, du contenu de son spectacle et du service minimum réalisé par sa prestation personnelle en ayant le courage d’affirmer que ses solos sont devenus au fil du temps de plus en plus courts et surtout particulièrement poussifs et fades (comme ceux de Hyde Park). Tout ceci est bien triste, pour celui que l’on considère avec raison comme le deuxième guitariste de tous les temps, après Jimi Hendrix.

Félicitons donc chaleureusement le public Américain pour sa réaction. Mais pour avoir vu de multiples concerts dans ce merveilleux pays, celle-ci n’est guère surprenante. Car à la différence de certains en Europe, prêts à tout gober, même l’inacceptable dès lors que le nom d’Eric Clapton est avancé, le public US déteste être pris pour un imbécile. Bravo à lui. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que ce début de lucidité fasse de nombreux émules à travers le monde. Un grand artiste se doit de respecter son public. Ce n’est malheureusement pas le choix d’Eric Clapton. Dommage ! Vraiment dommage !

                                                                                                                           Frédéric.

Marcy Levy