L’Amérique regorge de songwriters de grand talent. Ce n’est guère surprenant, me direz-vous, avec raison d’ailleurs. Cela est, bien sûr, dû à l’immensité du pays, à la densité de sa population, à ses origines multiples, mais pas seulement. Aux Etats Unis, les radios et télévisions n’hésitent pas à donner leur chance à des artistes auxquels les programmateurs croient. C’est ainsi que Roy Buchanan se fit remarquer par le grand public et par les maisons de disques au cours de son passage sur une télévision, dans le cadre d’une émission intitulée tout simplement « A la recherche du meilleur guitariste inconnu ». Les exemples de ce type sont nombreux. John Prine et Jerry Jeff Walker dont nous parlons aujourd’hui appartiennent à la race des plus grands et nous ne serons jamais assez reconnaissant aux radios locales américaines d’avoir assuré leur promotion.

Né en 1942, dans l’état de New York, de parents musiciens, Jerry Jeff Walker commença à graviter dans les années 60 autour de la scène folk New Yorkaise, ce qui l’amena à fréquenter entre autres David Bromberg et Bob Dylan. Il intégra une formation plutôt axée sur le jazz « Circus Maximus » qu’il quitta rapidement pour ne se consacrer qu’à sa passion : le folk. Son premier album « Mr Bojangles » avec le tube du même nom lui apporta tout de suite gloire et succès. Cette chanson fut reprise par les plus grands y compris JJ Cale, Bob Dylan, Jim Croce et même en Français par un certain Hugues Auffray. Mais son talent ne s’arrêta pas à ce titre et c’est sur l’album « Driftin way of life » sorti en 1969, qu’il me parait opportun de s’attarder aujourd’hui, car il est le parfait reflet de la vie d’errance qu’il a connu dans ces premières années (avec un nom pareil, il ne pouvait en être autrement) dans cet état du Texas ou il a décidé de s’établir. Tout est réuni sur ce disque, amour des grands espaces, country, folk et rock. Ecoutez la chanson intitulée « No roots in ramblin » en fermant les yeux, allongé sur votre canapé, et vous serez transporté sur un cheval avec votre chapeau de cow boy en train de marcher au pas vers le prochain saloon. Cet album et ceux qui suivirent le consacreront comme un des très grands song writer de l’Amérique. Depuis une quinzaine d’années, ses productions s’espacent et ses concerts se résument à quelques rares passages dans son Texas d’adoption. Si vous entrez, un jour, dans un saloon, peut être aurez- vous l’occasion de le croiser. Si c’est le cas, profitez- en bien, et n’oubliez pas de me raconter votre rencontre.

                                                                                                                 Frédéric.

 

No Roots In Ramblin' - Jerry Jeff Walker