Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point, il m’est agréable d’écrire à nouveau, en termes positifs, un article sur Eric Clapton, surtout après l’avoir tant décrié depuis l’escroquerie de Hyde Park 2018 et sa récente transformation en Père Noël (ce qui me rend d’autant plus à l’aise dans mes propos) ! Le seul petit regret est que cet éloge soit effectué à l’occasion de la sortie d’un album non officiel, mais ne gâchons pas notre plaisir de retrouver à son sommet, l’espace de deux heures, le génial guitariste de blues, tant apprécié par les amateurs de cette musique. Car, à n’en pas douter, « A kind of blues » retraçant un concert donné au Forum de Los Angeles, le 3 novembre 1994 et sorti uniquement en version CD, va, avec sa set list dévastatrice, littéralement combler les puristes et désespérer certaines groupies égarées, venues à lui récemment et dont l’absence, sur cet album, de leur cher « Wonderful Tonight » provoquera sûrement chez elles un traumatisme, dont elles se remettront difficilement !

Eric Clapton - Ain't nobody's business , RAH 1994

Enregistré lors de la tournée faisant suite à l’inoubliable album « From the craddle », nous retrouvons notre guitariste entouré d’une formation à la hauteur de son génie, à savoir : Dave Bronze, Andy Newmark, Andy Fairweather Low, Chris Stainton, Roddy Lorimer, Simon Clarke, Tim Sanders et gardé volontairement pour la fin, le génial Jerry Portnoy à l’harmonica, dont chacune de ses  intervention fait briller de mille feux cet album, véritable tuerie, appelée à devenir  indispensable dans toute bonne  discothèque. Vous conviendrez certainement volontiers avec moi que, lorsqu’ il s’agît d’interpréter de la vraie musique, ce casting possède une autre allure que son groupe actuel avec le sinistre Doyle Bramhal II.

 Avec » A kind of blues », nous entrons dans une autre dimension et retrouvons enfin des musiciens dignes de ce nom (je fais, bien évidemment, exception pour SteveGadd, lorsqu’il figure dans son actuelle formation, Chris Stainton étant lui présent, dès le début de l’aventure.)

Pendant près de deux heures, celui qui, sur cet album, mérite, sans la moindre contestation possible, d’être appelé « God », revisite de manière incroyablement brillante et époustouflante tous les standards du blues, seule musique qui convienne à son talent, avec une voix magnifique et en nous offrant d’extraordinaires solos de guitare, dont il reste le seul dépositaire au monde. Bénéficiant d’un son plus que satisfaisant pour un enregistrement réalisé dans ce type de conditions, les 2 cd, vendus à un tarif particulièrement abordable, vont sûrement faire de nombreux heureux, à la condition que l’annonce de la sortie de cet album soit convenablement relayée. Il est d’ailleurs totalement incompréhensible et aussi un peu déconcertant qu’il n’y ait jamais eu le moindre disque « live », couvrant cette période, offert par les maisons de disques au grand public, tant celle-ci fût brève, mais ô combien exceptionnelle dans la carrière d’Eric Clapton.

Eric Clapton Forty Four

Œuvre littéralement retentissante et fracassante, « A kind of blues » aurait, sans le moindre doute, dans le cadre d’une sortie officielle, raflé toutes les récompenses possibles et imaginables et nous fait encore plus regretter l’évolution qu’a souhaité donner Eric Clapton à sa fin de carrière, laissant, à l’amateur de blues, le sentiment d’un incroyable gâchis.

 Il ne nous reste plus qu’à émettre le doux et sûrement impossible rêve de le retrouver, une ultime fois, pour une série de concerts axés uniquement sur ce répertoire et avec ces musiciens. Pourquoi pas au Royal Albert Hall au printemps 2020 ?

 Si jamais, par miracle, un tel projet devait se concrétiser, promis chers lecteurs, je me mettrai à croire sérieusement au « Père Noël » !

                                                                                                               Frédéric.

Ps : Toutes mes excuses, mais, à mon grand regret, il m’a été impossible de trouver, sur la toile, des vidéos du concert de Los Angeles pour illustrer cet éditorial. Celles, publiées aujourd’hui de médiocre qualité visuelle, mais avec une bande son correcte, sont cependant issues de la même tournée de 1994.

De manière fort curieuse, mais courante dans ce genre de réalisation non officielle (cet enregistrement existait en bootleg depuis fort longtemps), « Sweet home Chicago » (avec Jimmie Vaughan) est répété 2 fois sur le CD2 en lieu et place de « Crossroads ». Mais ceci reste un détail mineur, purement anecdotique, tant cet album constitue une véritable pépite. D’ailleurs le site «whereseric.com » évoquant le bootleg, le mentionne comme ceci et publie aussi la set list intégrale de la soirée :

BOOTLEG RECORDING(S): 

Kind Of Blues (Mid Valley Records MVR003/004 – 2 CD)
Kind of Blues 2005 Remaster (Mid Valley Records MVR326/327 – 2 CD)
BLUESMN (EC Is Here DJ Copy – 2 CD)

01. Motherless Child
02. Malted Milk
03. How Long Blues
04. Kidman Blues
05. County Jail
06. Forty Four
07. Blues All Day Long (Blues Leave Me Alone)
08. Standing Around Crying
09. Hoochie Coochie Man
10. It Hurts Me Too
11. Blues Before Sunrise
12. Third Degree
13. Reconsider Baby
14. Sinner’s Prayer
15. Can’t Judge Nobody
16. Someday After A While
17. Tore Down
18. Have You Ever Loved A Woman
19. Crosscut Saw
20. Five Long Years
21. Crossroads
22. Groaning The Blues 
23. Ain’t Nobody’s Business
24. Sweet Home Chicago