TONY JOE WHITE: RAIN CROW encore une nouvelle pépite !
Contrairement au dicton bien connu, il peut arriver que la première impression ne soit pas toujours la bonne et que pour diverses raisons, on passe à côté d’un album qui est une véritable réussite. C’est ce qu’il s’est produit à la première écoute du nouvel album de Tony Joe White »Rain Crow ». A l’issue de celle ci réalisée avec une autre occupation, ma première réaction fut de dire « Bien, mais un peu répétitif par rapport à Hoodoo ». C’est d’ailleurs le ressenti de beaucoup d’entre nous quand ils évoquent l’univers musical de Tony Joe White. Et pourtant, une seconde écoute effectuée de manière beaucoup plus attentive entrouvre la porte d’une véritable pépite.
Evoluant dans le registre de la continuité de l’excellent « Hoodoo » et accompagné de Steve Forrest à la basse, Bryan Owings à la batterie et de Tyson Rogers aux keyboards, le maître du swamp rock, tel qu’il est surnommé, nous entraine, pendant 45 minutes, encore une fois au fin fond de son univers, celui des bayous ou sa guitare, son harmonica et sa voix donnent toute leur ampleur et réussissent parfaitement à nous faire voyager dans cette région si fascinante et si envoutante. La profondeur de sa voix sur de superbes paroles (livret avec les textes fourni), sa manière unique de jouer de l’harmonica et les divers passages à la pédale wah wah plantent un décor qui reste immobile pendant toute l’heure d’écoute et si au départ, vous pouvez légitimement éprouver l’impression d’avoir déjà entendu ce son, très vite cette impression va laisser la place à un véritable envoutement qui ne va plus vous lâcher.
Tony Joe White possède un univers très personnel et particulièrement original qu’il est le seul à pouvoir retranscrire au point qu’il est inimitable dans son style. A condition de faire l’effort d’y prêter l’attention que celui-ci mérite, il vous ouvrira les portes d’un extraordinaire voyage qui vaut indiscutablement d’être vécu. Il se produira pour deux concerts dans l’extraordinaire salle du New Morning à Paris les 11 et 12 novembre à l’occasion de ses seuls passages en France pour cette année. A 74 ans, les occasions de l’admirer sur une scène sont suffisamment rares pour ne pas se précipiter sur les locations, d’autant plus que la capacité d’accueil de la célèbre boîte de jazz est relativement limitée. Raison de plus de ne pas passer à côté d’un tel événement.
Note de l’album : 15/20
Frédéric.
