Le samedi 21 avril s’est déroulée, dans le monde entier, l’édition 2018 du Record Store Day, journée traditionnelle, ou les artistes et les maisons de disques récompensent de leur implication, tout le long de l’année, les disquaires indépendants en leur offrant des exclusivités souvent très intéressantes. Ainsi étaient proposées en cette belle journée printanière dans les catégories qui concernent ce blog, des albums des Doors, du Grateful Dead, de Marvin Gaye, d’Éric Clapton, de Elvis Presley, de Miles Davis, des Rolling Stones, de Frank Zappa, de Johnny Cash, de Led Zeppelin, de Neil Young, de Tangerine Dream, de Jimi Hendrix et des Allman Brothers Band. Bref, comme vous l’aurez constaté, un bien beau programme qui possède tous les atouts pour faire exploser votre carte bleue et c’est bien là que se situe le principal problème, nous allons y revenir.

N’ayant eu aucun retour sur le succès ou non de cette agréable manifestation au niveau national, seule la journée Bordelaise vous sera contée ici. Dans la capitale de la nouvelle Aquitaine, trois magasins avaient souhaité y participer et ceux-ci étant situés non loin des uns des autres, la tâche du collectionneur que je suis en fût grandement facilitée. Le principal point commun et fort satisfaisant entre ces différents endroits fût incontestablement l’affluence. Beaucoup d’amateurs de musique s’étaient donnés rendez -vous dès l’ouverture des magasins et chacun chinait dans une ambiance très conviviale à la recherche de sa perle rare. Très vite, mon choix se portait sur des œuvres du Grateful Dead (deux quadruple albums superbement présentés), ainsi que sur quelques LP, comme ce Doors enregistré au Matrix en 1967, et également sur d’autres perles, moins connues, mais recherchés depuis fort longtemps afin de compléter ma précieuse collection. Mais après de longues minutes terriblement excitantes, passées au milieu des bacs, la réalité du portefeuille s’est bien vite rappelée à mon bon souvenir. Ainsi les Dead étaient vendus au prix délirant de 68€ pièce, le Doors 28€ et les différentes » perles » trouvées 30€ pièce en moyenne, ce qui, après un rapide calcul, portait ma note à plus de 280€, somme exorbitante, totalement surréaliste et non programmée dans mon budget mensuel d’achat de musique.

Et nous revenons à cet instant au problème évoqué à la fin du premier paragraphe de cet éditorial. Si la supériorité du vinyle sur les cd est indiscutable tant sur le plan de la qualité sonore que sur la convivialité, l’écart de prix entre les deux produits pose un problème majeur. Pour illustrer ce propos, il suffit de comparer le tarif d’un des albums du Dead proposé ce samedi. La version CD était vendue 20€ contre 68€ pour un vinyle 180 grammes. La qualité a, certes, un prix, mais aussi des limites et si l’affluence était au rendez- vous dans les bacs des magasins, elle était beaucoup plus restreinte au niveau de la caisse enregistreuse de ceux-ci. L’idée de promouvoir le vinyle et de le remettre au goût du jour est évidemment excellente, à la seule condition qu’elle reste abordable pour le portefeuille du commun des mortels. On aurait voulu enterrer cette initiative que l’on ne se serait pas pris autrement.

 De dépit et après avoir reposé dans les bacs l’intégralité de ma sélection, c’est donc avec uniquement, le Doors enregistré au Matrix et édité à 13 000 exemplaires tous numérotés, que je regagnais, avec un goût particulièrement amer, mon domicile. Rassurez-vous, Jim Morrison m’a très vite fait oublier ce tracas.

                                                                                                                                     Frédéric.

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