Sorti en mai 2017 et passé relativement inaperçu, cet album aurait dû, en toute logique, être consacré parmi les plus belles réalisations de l’année, s’il avait bénéficié d’une promotion digne de ce nom et surtout largement méritée, tant son écoute est un véritable séisme pour tout amateur de soul music. Car, n’en doutons pas, le deuxième album signé par Don Bryant et intitulé « Don’t give up on love » à 74 ans (oui, vous avez bien lu) est un monument digne des plus grandes réalisations du genre et ne dépareillerait nullement dans toute bonne discothèque au côté d’un Otis Redding, d’un Curtis Mayfield, d’un Al Green, d’un Marvin Gaye ou bien des Temptations de la grande époque tant il sonne seventies et aurait fait le bonheur de nombre DJ de l’époque, s’il était sorti dans cette période dorée pour la soul.

Ceux-ci avaient pourtant passé sans le savoir une de ses plus célèbres compositions « i can’t stand the rain », morceau offert à celle qui allait devenir son épouse Ann Peebles et qui allait faire un malheur dans toutes les discothèques. Mais il serait extrêmement réducteur et surtout désobligeant pour Don Bryant de limiter son apport à la musique à ce seul titre. Car, c’est avant tout dans l’ombre que notre chanteur et compositeur a passé la plus grande partie des dernières décennies puisqu’il fût la principale plume du célèbre label Hi records (spécialisé dans la soul des seventies).

La fraicheur et la puissance de la voix vous saisit dès les premières notes du morceau d’ouverture pour ne plus lâcher un seul instant, car ce disque, malheureusement bien trop court (à peine 38 minutes), constitue un véritable uppercut vous ramenant des années en arrière du temps de la grande époque de la Stax ou de la Motown. Avec la voix exceptionnelle de Don Bryant, ne laissant nullement apparaître qu’elle sort du corps d’un homme de 74 ans, vous allez être bercé par des compositions à la fois débordantes de swing et romantiques, le tout magnifiquement accompagné, en particulier par la section cuivre des Allman Brothers Band et la Hi Rythm de Al Green.

Avec « don’t give up on love », Don Bryant signe un album hors du temps et un véritable hymne à la gloire de la soul music. Il serait vraiment regrettable de ne pas découvrir ce dont est capable ce jeune homme de 74 ans. Après tout, il n’est jamais trop tard pour débuter.

                                                                                                                                        Frédéric.

Don Bryant - How Do I Get There?