J’ignore si vous avez déjà éprouvé le même ressenti ou plutôt cette curieuse impression de relative déception à l’écoute d’albums solo de certaines de nos vedettes préférées. A croire qu’elles ont du mal à s’exprimer une fois sorties du cadre du groupe qui les a façonnés et au travers duquel elles ont acquis leur notoriété. Cette réflexion m’est venue suite à l’écoute des albums solo de l’ex Eagles Randy Meisner. Voici un bassiste au talent unanimement reconnu, créateur, entre autres, du célèbre tube « Take it to the limits » et dont la carrière est retombée dans l’anonymat le plus complet, une fois qu’il eut quitté la formation californienne. Le constat pourrait être le même pour Bernie Leadon littéralement tombé aux oubliettes pour notre plus grand regret ou bien Don Felder, qui essaie de survivre tant bien que mal avec une production personnelle sans grand intérêt. Ce n’est pas que leurs œuvres solos manquent de qualités, mais à aucun moment le contenu musical de leurs albums n’atteint le dixième de ceux d’Eagles. Il en est de même pour Timothy B Schmit, dont les opus personnels sont loin d’être convaincants, à l’exception notable de son dernier album. C’est donc au milieu de l’univers du groupe que ces brillants musiciens arrivent à exprimer tout leur talent et certains d’entre eux doivent aujourd’hui sacrément regretter d’avoir quitté de leur propre initiative une formation qui leur assurait gloire personnelle et fortune.

Bien évidemment et heureusement, il existe de nombreux contre exemples à ces propos. C’est ainsi que Jim Messina, Chris Hillman, Richie Furay pour ne citer qu’eux nous régalent régulièrement avec des œuvres personnelles, laissant libre court à tout leur talent. Il en est de même pour Roger Daltrey, dont les œuvres solos sont de véritables petits bijoux, totalement différents de la musique des Who dont l’écoute saura vous surprendre par son côté intimiste si vous ne les avait pas encore découvert. A ce propos, je ne saurai que vous conseiller l’acquisition de son tout premier album tout simplement appelé « Daltrey » sorti en 1973, petite pépite, abordant des styles divers sur lesquels la voix de Roger Daltrey s’adapte parfaitement.

Les exemples de réussite et d’échecs d’œuvres personnelles pourraient ainsi être multipliés à l’infini selon les goûts et la sensibilité de chacun. Mais il est quand même réconfortant de constater à quelle point la notion de groupe est parfois indispensable à l’expression individuelle.

                                                                                                                                           Frédéric.

Roger Daltrey- It's A Hard Life, Giving It All Away