La récente disparition de N’Dugu Leon Chancler m’a conduit à me repencher sur les œuvres de ces grands batteurs de jazz fusion, comme l’était aussi le regretté Alphonse Mouzon qui a accompagné, pendant tant d’années, un autre musicien qui nous a quitté bien trop tôt Larry Coryell. Bien que, heureusement toujours de ce monde, Narada Michael Walden a longtemps mis, pour s’impliquer dans la production d’albums, ses activités musicales en veilleuse pendant 17 longues années avant de les reprendre en 2012.

Né en 1952, son talent ne se limite pas à la batterie, puisque la qualité de sa voix lui offre de nombreuses possibilités qui lui permettent d’aller au-delà du jazz/rock instrumental, qui reste cependant le domaine ou il est le plus brillant. C’est au début des seventies, que celui qui s’appelait à l’époque Michael Walden connut ses heures de gloire musicale puisque John Mc Laughlin le désigna pour remplacer Billy Cobbham, avant que Jeff Beck pour son disque « Wired » et le regretté Tommy Bolin ne firent appel à ses talents pour leurs albums respectifs. En 1973, cédant à la vague des gourous d’origine indienne qui inspiraient nos chers musiciens, Sri Chinmoy qui avait œuvré pour Carlos Santana et John Mc Laughlin lui donna le nom de Narada.  Très vite la finesse de son jeu attira l’attention du public du jazz/rock, qui en fit très rapidement un de ses batteurs préférés d’autant plus que son nom apparaissait sur beaucoup d’albums cultissimes de l’époque comme « Black market » de Weather Report et le premier LP solo de Jaco Pastorius. En 1976, Narada Michael Walden nous offre une œuvre splendide avec son premier album solo « Garden of love light » ou Jeff Beck et surtout Carlos Santana nous gratifient de solos de guitares exceptionnels.

La suite de la carrière de Narada Michael Walden ne fut malheureusement pas du même acabit bien qu’elle remportât un grand succès. Cédant à la mode disco et funk, il se perdit dans des sons commerciaux très en vogue dans les années 80 et qui présentent un intérêt des plus restreints. Il orienta par la suite, pour notre plus grand regret, son activité essentiellement sur la production de chanteurs à succès ou son exceptionnel talent de batteur passait malheureusement au second plan avant de reprendre en 2012 la production d’albums solo sans que ceux-ci atteignent l’exceptionnel niveau de sa période seventies.

Malgré tout Narada Michael Walden reste un batteur d’exception, capable de séduire tous les amateurs de Jazz/rock comme lors de son passage au festival d’Orange en août 1975 en compagnie de John Mc Laughlin.

                                                                                                                                           Frédéric.

 

Narada Michael Walden ‎~ Garden Of Love Light 1976 FULL ALBUM